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La croissance dans la zone euro au coeur des discussions du G-8

19/05/2012 01:36 EDT | Actualisé 19/07/2012 05:12 EDT

CAMP DAVID, Md. - La situation économique en Europe a largement dominé les débats des dirigeants du G-8 samedi, au deuxième et dernier du jour du sommet de Camp David. Les grandes puissances se sont accordées sur la nécessité d'allier discipline budgétaire et recherche de la croissance pour surmonter la crise de la dette qui pèse sur la relance mondiale.

En pleine incertitude politique à Athènes, les pays du G-8 soulignent dans leur communiqué final leur souhait que "la Grèce reste dans la zone euro tout en respectant ses engagements", pris en échange de l'aide internationale.

"Nous sommes tous absolument déterminés à veiller à ce que la croissance ainsi que la stabilité et la consolidation budgétaire figurent dans un programme général" de mesures, a souligné l'hôte du sommet, le président américain Barack Obama, alors que ses invités et lui-même se retrouvaient pour de nouvelles discussions dans le cadre décontracté et boisé de Camp David (Maryland), à une centaine de kilomètres au nord-ouest de Washington.

Dans leur communiqué final, les dirigeants du G-8 (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Etats-Unis, Canada, Japon et Russie) saluent les "discussions en cours en Europe sur la façon de générer de la croissance, tout en maintenant un engagement ferme sur l'application de la consolidation budgétaire". "Nous sommes d'accord sur l'importance d'une zone euro forte et unie pour la stabilité et la relance mondiales", soulignent-ils.

Pour augmenter la productivité et la croissance de leurs économies, les membres du G-8 se déclarent en faveur "des réformes structurelles et des investissements dans l'éducation et la modernisation des infrastructures".

L'exigence de croissance en Europe fait partie des priorités portées par le nouveau président français François Hollande. Lors d'un point de presse, il a insisté sur le "sérieux budgétaire" allié à la "recherche" de croissance, précisant que la France prendrait toute sa part pour faire des propositions en ce sens lors du sommet européen informel du 23 mai prochain.

Par ailleurs, "le message que j'ai voulu porter", a répété François Hollande, comme la veille à Washington, "c'était le souhait que la Grèce reste dans la zone euro".

De nouvelles législatives ont dû être convoquées en Grèce le 17 juin prochain, une coalition gouvernementale n'ayant pu être formée après le scrutin du 6 mai, marqué par l'émiettement des forces politiques et la percée des formations opposées à l'austérité. L'incertitude politique et la montée des partis qui veulent annuler les douloureux engagements pris par Athènes fait planer le doute sur la poursuite de l'aide internationale à la Grèce, qui a dû demander deux plans de sauvegarde à l'Union européenne et au Fonds monétaire international (FMI), et sur son maintien même dans la zone euro.

Pour François Hollande, ce G-8 a été "utile", "fructueux" et "permet d'envoyer un double message: un message de confiance et un message de croissance". "J'avais, au nom de la France, l'objectif de mettre la croissance au coeur des débats", a rappelé le président français qui faisait ses premiers pas sur la scène internationale dans le décor rustique de la résidence de campagne des présidents américains.

Il s'est félicité que cette volonté de croissance ait été "partagée" par tous les responsables du G-8 même si chacun, a-t-il reconnu, y met "ses propres mots". Il a d'ailleurs salué la "grande franchise entre les participants", avec une "volonté de trouver des solutions".

"Il n'y a pas eu de blocage au sens où certains auraient été arc-boutés sur des exigences de consolidation budgétaire et les autres sur la priorité donnée à la croissance", a-t-il expliqué. "Dès lors que j'ai considéré, et je n'ai pas été le seul, que ce qui ne se discutait pas, c'était le sérieux budgétaire, alors nous pouvons donner toutes les chances à la croissance".

"Le président Obama a aussi voulu que la croissance soit évoquée comme une manière de donner confiance aux opinions publiques et aussi aux marchés", a-t-il noté.

François Hollande avait eu un premier tête à tête avec Barack Obama vendredi à la Maison Blanche suivi d'un entretien avec le Premier ministre britannique David Cameron, toujours à Washington. A Camp David, il a retrouvé la chancelière allemande Angela Merkel, à laquelle il avait réservé mardi soir sa première visite présidentielle, et les responsables des gouvernements italien, russe, japonais et canadien. C'était aussi la première réunion du G-8 pour le président du Conseil italien Mario Monti et le Premier ministre japonais Yoshihiko Noda. Boudant ostensiblement ce G-8, le président russe Vladimir Poutine avait préféré envoyé à sa place son prédécesseur et désormais Premier ministre Dimitri Medvedev.

Le sommet du G-8, vendredi et samedi à Camp David, sera suivi par celui de l'OTAN dimanche et lundi à Chicago. François Hollande devra justifier à nouveau devant ses partenaires de l'Alliance atlantique sa volonté de retirer les troupes françaises combattantes d'Afghanistan, qui servent au sein de la Force internationale d'assistance à la sécurité de l'OTAN, d'ici à la fin 2012, avec deux ans d'avance sur le reste des alliés.

Vendredi lors de son entretien avec M. Obama, François Hollande avait affirmé qu'il tiendrait son "engagement" pris devant le peuple français. Mais il a ajouté qu'il avait "précisé qu'il y aurait toujours un soutien à l'Afghanistan" d'une "autre nature", sous une "autre forme", "en bonne intelligence avec nos alliés". AP

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