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Benghazi, le berceau de la révolution libyenne, élit son conseil local

19/05/2012 06:51 EDT | Actualisé 19/07/2012 05:12 EDT

Les habitants de Benghazi, ville de l'Est libyen qui a été le foyer de la révolte contre le régime de Mouammar Kadhafi, votaient samedi pour élire leur conseil local.

"Il s'agit de la première étape dans la transition d'une révolution vers la construction d'un Etat", a déclaré à l'AFP Souleiman Zoubi, chef de la commission électorale locale.

C'est à Benghazi, deuxième ville de Libye, qu'a débuté le 17 février 2011 la révolte contre le régime de Kadhafi, un soulèvement qui a mis fin à plus de 40 ans de dictature dans le pays.

"On attendait ça depuis longtemps, je suis tellement heureux de vivre ce moment historique", a déclaré à l'AFP Souleimane al-Agoury, un électeur.

Les habitants de Benghazi doivent élire 41 membres du conseil local, l'équivalent d'un conseil municipal, parmi 414 candidats, a indiqué la Commission électorale de la ville, qui précise que 200.000 personnes étaient enregistrées sur les listes électorales.

La journée de samedi a été déclarée fériée à Benghazi où les forces de sécurité étaient déployées à toutes les entrées de la ville, selon une journaliste de l'AFP.

Les habitants de Misrata (ouest) avaient été les premiers, en février, à élire leur conseil local.

Les dernières élections en Libye remontent à 1964 durant le règne du roi Idris Ier, que Kadhafi avait renversé lors d'un coup d'Etat sanglant en 1969.

Durant l'ère Kadhafi, les élections, considérées comme une "invention de l'Occident", étaient interdites.

Le Conseil national de transition (CNT), au pouvoir depuis la chute du régime, s'était servie de Benghazi en 2011 comme base politique et militaire jusqu'à la prise de la capitale Tripoli par les rebelles en août.

Parmi les défis qu'il a à relever aujourd'hui figure la lutte contre les milices d'ex-rebelles qui font la loi dans le pays. Il doit en outre tenir sa promesse de tenir l'élection d'une Assemblée constituante prévue le 19 juin.

Après la guerre et l'affaiblissement des structures de l'Etat qui en a résulté, les conseils locaux ont joué un rôle clé dans la gestion des affaires courantes, notamment la sécurité, dans les villes.

A l'époque de Kadhafi, les habitants de l'Est du pays se plaignaient d'être marginalisés par le pouvoir central. Ils craignent aujourd'hui de la même façon que les nouvelles autorités ne les prennent pas assez en considération.

Un groupe politique et tribal s'est manifesté début mars pour réclamer une plus large autonomie pour cette région riche en pétrole et un retour au fédéralisme.

Les leaders du mouvement ont appelé à boycotter le scrutin de juin mais soutiennent les élections du conseil local.

"Nous soutenons totalement ce processus pour le salut de Benghazi, capitale de la Cyrénaïque" (entité qui s'étend de la frontière égyptienne à Syrte), a déclaré le porte-parole Abou Bakr Baira du Conseil intérimaire de Cyrénaïque.

La Libye était autrefois divisée en trois régions administratives: la Cyrénaïque, la Tripolitaine (ouest) et le Fezzane (sud). Le système fédéral a été supprimé en 1963.

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