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Au G8, espoirs pour l'Iran mais différends persistants sur la Syrie

19/05/2012 12:11 EDT | Actualisé 19/07/2012 05:12 EDT

Le président américain Barack Obama a exprimé samedi devant le G8 l'espoir de voir aboutir les prochains pourparlers sur le nucléaire iranien, mais est resté bien plus vague à propos de la Syrie, sujet où les différends persistent avec Moscou.

Inaugurant le second jour des travaux du sommet de Camp David (Maryland, est), M. Obama a assuré que lui et ses partenaires étaient "unis" face au programme nucléaire controversé de la république islamique.

"Je pense que nous sommes tous d'accord sur le fait que l'Iran a le droit à un (programme) nucléaire pacifique, mais que ses violations continuelles des règles internationales et son incapacité à prouver jusqu'ici qu'il n'essaie pas de le militariser constituent un grave motif d'inquiétude pour nous tous", a indiqué M. Obama.

A quelques jours de la reprise des discussions du Groupe "5+1" (Etats-Unis, France, Russie, Grande-Bretagne, Chine plus Allemagne) avec l'Iran à Bagdad, M. Obama a affirmé nourrir des "espoirs" sur leurs résultats.

Toutefois, "nous sommes tous fermement engagés à poursuivre une approche de sanctions et de pression, conjointement à des discussions diplomatiques. Nous espérons que nous pourrons résoudre ce problème d'une façon pacifique, qui respecte la souveraineté de l'Iran et ses droits au sein de la communauté internationale, mais qui reconnaisse aussi ses responsabilités", a-t-il dit.

Le sommet a ensuite diffusé un communiqué dans lequel ses membres se sont dits prêts à prendre des mesures, sans préciser lesquelles, pour assurer l'approvisionnement du marché mondial en pétrole alors que des sanctions contre le secteur pétrolier iranien doivent prendre effet en juillet.

"Vu la probabilité de davantage de coupures dans l'approvisionnement de pétrole et l'augmentation de la demande attendue dans les prochains mois, nous surveillons de près la situation et sommes prêts à appeler l'Agence internationale de l'énergie à prendre les mesures nécessaires afin d'assurer que le marché est correctement approvisionné", ont indiqué les dirigeants du G8 dans ce texte.

Ce communiqué ne fait pas mention d'un éventuel recours aux réserves stratégiques de pétrole des pays membres, mais semble destiné à démontrer à l'Iran que des sanctions seraient strictement appliquées.

Cette démonstration d'unité et de fermeté face à l'Iran intervient à l'orée d'une semaine cruciale dans ce dossier.

Israël, persuadé que le programme nucléaire iranien est à visée militaire et menace son existence, a laissé entendre qu'il pourrait lancer des frappes militaires contre l'Iran si la diplomatie venait à échouer. Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a reproché à l'Iran de chercher "à gagner du temps".

La perspective d'un nouveau conflit ouvert au Moyen-Orient inquiète Washington, en particulier en pleine année électorale. M. Obama assure régulièrement que la voie diplomatique reste ouverte même si "l'heure tourne".

Le ton relativement optimiste sur l'Iran contraste avec les déclarations de M. Obama à propos de la Syrie, théâtre d'une répression sanglante depuis 15 mois contre le régime du président Bachar al-Assad.

"Nous pensons tous qu'une résolution pacifique et une transition politique sont préférables en Syrie, nous sommes tous profondément inquiets de la violence qui s'y déroule, des vies perdues", affirmé M. Obama.

Le président américain a aussi assuré que lui et ses partenaires soutenaient le plan de l'émissaire Kofi Annan destiné à mettre fin aux violences.

"Mais nous sommes d'accord, et je m'attends à ce que cela soit mentionné dans le communiqué final, sur le fait que le plan Annan doit être appliqué complètement et qu'un processus politique doit s'engager plus rapidement pour résoudre ce problème", a ajouté M. Obama.

Un haut responsable de la délégation russe qui accompagne le Premier ministre Dmitri Medvedev au G8 a toutefois indiqué que la Syrie ne faisait pas encore l'objet d'un accord dans le communiqué final qui doit être publié samedi. M. Medvedev a été délégué au G8 par le président Vladimir Poutine, absent de marque de ce sommet.

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