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Attentat suicide dans l'est syrien: 9 morts, 100 blessés

19/05/2012 10:32 EDT | Actualisé 19/07/2012 05:12 EDT

Un attentat suicide à la voiture piégée a frappé samedi pour la première fois la ville syrienne de Deir Ezzor faisant neuf morts et 100 blessés, dans une nouvelle escalade de la violence dans le pays secoué par plus de 14 mois de révolte.

Quelques heures après cet attentat, le président américain Barack Obama a dit que le G8 jugeait "préférables" "une résolution pacifique et une transition politique en Syrie", exprimant la "profonde inquiétude" du groupement face à la violence. La Russie, alliée indéfectible du régime syrien, est membre du G8.

Le matin, un kamikaze a fait exploser une voiture piégée chargée d'une tonne d'explosifs à Deir Ezzor (est), a indiqué la télévision d'Etat en imputant l'attentat à des "terroristes". Le régime ne reconnaît pas la contestation et accuse l'opposition et la rébellion de "semer le chaos" dans le pays.

"Les immeubles résidentiels et les installations publiques et privées près du site de l'attentat terroriste ont subi d'importants dégâts" dans le quartier de Massaken Ghazi Ayyach, a ajouté la chaîne en montrant des immeubles détruits, des carcasses de véhicules, un grand cratère et des taches de sang.

Des observateurs de l'ONU, déployés en Syrie pour surveiller un cessez-le-feu constamment violé, se sont rendus sur les lieux, selon les autorités.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a précisé que l'attentat s'était produit dans une rue abritant un siège des renseignements militaires et aériens et un hôpital militaire.

L'opposition, qui rejette tout dialogue avec le pouvoir, a une nouvelle fois imputé au régime de Bachar al-Assad "l'entière responsabilité" de l'attentat à Deir Ezzor ainsi que celle "de tous les attentats criminels" en Syrie.

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a estimé que le régime cherchait à "se venger" après avoir échoué à empêcher les Syriens de manifester vendredi par dizaines de milliers.

Plusieurs attentats meurtriers ont secoué Damas et Alep (nord), deuxième ville du pays, depuis le début de la contestation en mars 2011. Le 10 mai, un double attentat avait fait 55 morts à Damas. La plupart ont été revendiqués par des groupuscules obscurs, comme le Front al-Nosra.

Ailleurs dans le pays, la violence a fait 10 morts, selon l'OSDH. Sept civils, dont deux enfants, et deux déserteurs ont été tués par les forces gouvernementales à travers le pays, tandis que des hommes armés ont assassiné le frère d'un responsable du parti Baas dans la région de Deir Ezzor.

A Idleb (nord-ouest), des insurgés ont détruit à la roquette RPG un transport de troupes. Dans la province d'Alep, théâtre vendredi des "plus importantes manifestations" depuis le début du soulèvement, un siège du parti Baas au pouvoir a été attaqué à la roquette RPG et des combats ont opposé soldats et rebelles, a précisé l'OSDH.

Les violences se poursuivent en dépit de la présence de près de 260 observateurs de l'ONU chargés de surveiller une trêve proclamée le 12 avril, en vertu d'un plan de sortie de crise de l'émissaire international Kofi Annan.

Les militants tentent désespérément de prendre à témoin les observateurs dont la tâche est encore compliquée par la multiplication des attentats.

M. Annan se rendra "bientôt" en Syrie, a indiqué son porte-parole. Trois responsables de l'ONU, dont l'un de ses adjoints, étaient samedi à Damas.

En 14 mois, plus de 12.000 personnes ont été tuées en Syrie, en majorité des civils, selon l'OSDH.

Au Liban voisin, où des combats à Tripoli (nord) entre sunnites anti-Assad et alaouites pro-Assad ont fait dix morts et des dizaines de blessés depuis une semaine, le Premier ministre Najib Mikati a pour la première fois critiqué la Syrie.

Réagissant à des propos de l'ambassadeur syrien à l'ONU Bachar Jaafari selon qui certaines régions libanaises frontalières sont devenues "un nid de terroristes d'Al-Qaïda", M. Mikati a jugé que de telles accusations "exacerbaient les différences entre les deux pays".

M. Mikati, à la tête d'un gouvernement pourtant dominé par le Hezbollah, fervent soutien de M. Assad, a dénoncé des violations "également côté syrien".

Dans ce contexte, les Emirats arabes unis et le Qatar ont appelé leurs ressortissants à éviter de se rendre au Liban.

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