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Amr Moussa, un haut diplomate qui veut contrer les islamistes

19/05/2012 01:16 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

Amr Moussa, ex-ministre des Affaires étrangères de Hosni Moubarak puis secrétaire général de la Ligue arabe, se veut le garant d'une Egypte pluri-confessionnelle ouverte à la modernité face à la poussée des islamistes.

Ses affiches le présentent tour à tour souriant et col ouvert, ou solennel en costume-cravate, posant devant des temples pharaoniques ou des installations pétrochimiques.

Agé de 75 ans, il mène depuis des mois tambour battant sa campagne pour l'élection présidentielle du delta du Nil à la Haute-Egypte, loin des salons diplomatiques où il a fait l'essentiel de sa carrière.

La chute en février 2011 de Hosni Moubarak, qu'il a servi mais avec qui il entretenait des relations méfiantes, lui permet depuis d'afficher ouvertement des ambitions présidentielles.

Le 4 février 2011, alors que M. Moubarak n'en a plus que pour quelques jours à la tête de l'Egypte, Amr Moussa avait déjà laissé poindre qu'il pourrait chercher à lui succéder.

"Je suis prêt à servir comme un citoyen, qui a le droit d'être candidat", lâche-t-il. Depuis l'immeuble de la Ligue arabe au Caire, il a à l'époque une vue plongeante sur foule place Tahrir qui conspue un régime aux abois.

Ses affiches de campagne font une bonne place aux images de clochers d'églises coptes, un appel du pied à l'électorat chrétien, qui représente près de 10% de la population.

Face à la poussée des Frères musulmans et des fondamentalistes salafistes, qui contrôlent déjà le Parlement, il dénonce le risque de voir le pays servir de "champ d'expérimentation" aux adeptes de l'islam politique.

Mais lui-même n'oublie pas de souligner qu'il est de confession musulmane, et assure faire ses cinq prières rituelles par jour.

Son poste de ministre des Affaires étrangères de M. Moubarak pendant dix ans -de 1991 à 2001- conforte sa stature d'homme d'expérience, mais l'expose aux critiques de ceux qui voient en lui un "vestige" de l'ancien régime.

"Quand vous êtes vous-mêmes une partie du problème, vous ne pouvez pas fournir la solution", lui a lancé l'un de ses principaux rivaux, l'islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Foutouh, dans un débat télévisé.

Amr Moussa rappelle quant à lui à mots couverts sa rivalité avec le raïs déchu, que l'on disait jaloux du charisme de son diplomate-en-chef. Cette popularité "ne mettait pas Moubarak à l'aise", a-t-il souligné dans un récent entretien à l'AFP.

Il met aussi en exergue ses années passées, de 2001 à 2011, à la tête de la Ligue arabe, où ses envolées à la tribune contre Israël n'ont fait qu'ajouter à sa popularité parmi les Egyptiens.

Il ne fait pas mystère de son peu d'enthousiasme pour les accords israélo-égyptiens de camp David de 1979, mais promet ne pas remettre en cause la paix avec l'Etat hébreu.

A la tête de la Ligue, il fut l'un des rares leaders du Moyen-Orient à pressentir le séisme du "printemps arabe".

En janvier 2011, quelques jours après la chute du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, et peu avant le début de la révolte égyptienne, il fait sensation en évoquant "la colère et la frustration sans précédents" parmi les peuples de la région.

cr/feb

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