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Aboul Foutouh, un islamiste indépendant faisant figure de rassembleur

19/05/2012 01:17 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

Ancien membre des Frères musulmans, Abdel Moneim Aboul Foutouh fait figure de rassembleur qui a obtenu le soutien de salafistes comme de libéraux, mais certains estiment qu'il ratisse trop large pour tenir ses promesses.

Ce médecin de 61 ans à la barbe courte, qui a lancé une massive campagne d'affiches de toutes tailles où il pose sur fond orange, dit être le candidat de la révolution qui a renversé Hosni Moubarak en février 2011.

Pour lui, les membres de l'ancien régime --dont l'ex-ministre des Affaires étrangères Amr Moussa et l'ancien Premier ministre Ahmad Chafiq-- devraient rester en dehors de la course.

Il a reçu le soutien du groupe radical Gamaa Islamiya, qui avait été impliqué dans l'assassinat du président Anouar al-Sadate, ainsi que du principal parti fondamentaliste salafiste, Al-Nour.

Mais il est aussi apprécié par un grand nombre de jeunes laïques qui ont participé au soulèvement de l'an dernier, qui voient en lui la synthèse de leurs idées démocratiques et d'un islam modéré.

Le cybermilitant Waël Ghonim, l'un des symboles de la révolte, lui a apporté son soutien en jugeant "qu'il sera le président de tous les Egyptiens, qui nous rassemblera et ne nous divisera pas".

Cette réputation vient en partie du fait qu'il s'est entouré d'une équipe variée dont font notamment partie des marxistes, des féministes et des Coptes (chrétiens d'Egypte).

Mais certains estiment qu'il ratisse trop large en faisant des promesses contradictoires à différentes parties de la société. D'autres encore mettent en doute sa modération et le croient plus conservateur qu'il ne le dit.

M. Aboul Foutouh a fait du droit à une couverture médicale et à l'éducation l'un des thèmes majeurs de sa campagne, ce qui lui valu le soutien de certains militants de gauche.

"Quand les gens entendent (le mot) charia, ils pensent tout de suite que cela veut dire que les femmes vont être forcées de se voiler, que le tourisme sera interdit (...) mais ils ne pensent pas aux formidables aspects de la charia, comme l'insistance sur la liberté personnelle, la justice et le développement", a-t-il affirmé.

Il est actuellement le président de l'Union médicale arabe, un groupe d'aide d'urgence, qui a envoyé de l'aide à Gaza, en Syrie et en Libye en temps de conflit.

Dans une interview à la télévision égyptienne, il a qualifié Israël d'"Etat raciste" et estimé que le traité de paix de 1979 était "une menace à la sécurité nationale" de l'Egypte et devait être révisé.

M. Aboul Foutouh a commencé à militer à l'Université du Caire, où il étudiait la médecine et présidait le syndicat étudiant.

En 1977, il devient célèbre après une confrontation avec le président de l'époque Anouar al-Sadate, que le jeune Aboul Foutouh accuse d'être un hypocrite entouré de flagorneurs, ce qui rend furieux le chef de l'Etat.

Il rejoint les Frères musulmans dans sa jeunesse et devient membre de leur bureau politique en 1987. La confrérie était encore interdite à l'époque.

En prison, il obtint un second diplôme, cette fois en droit.

Il est exclu de la confrérie l'an dernier, après avoir affiché ses ambitions présidentielles à une époque où les Frères assuraient ne pas vouloir briguer la magistrature suprême. La confrérie a depuis lancé un candidat dans la course, Mohammed Morsi.

Marié à une médecin, M. Aboul Foutouh a six enfants.

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