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Facebook, des débuts mitigés après l'emballement médiatique

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FACEBOOK IPO
Getty Images

NEW YORK, États-Unis - Après toute la frénésie associée à son entrée en Bourse, l'action de Facebook a terminé sa première séance sur le Nasdaq à peu près là où elle l'avait débuté. Le titre du populaire réseau social a clôturé à 38,23 $ US, en hausse de 23 cents US par rapport à sa valeur de départ de 38 $ US établie jeudi soir.

La négociation sur le titre, qui devait débuter à 11 h (HAE), n'a finalement démarré qu'à 11 h 32, au prix de 42,05 $ US. Le cours de l'action a cependant rapidement reculé à 38,01 $ US. À midi, il remontait de nouveau, affichant un gain d'environ six pour cent, à 40,40 $ US.

Les transactions se sont poursuivies tout l'après-midi, mais l'action de Facebook n'a jamais affiché l'important gain espéré par plusieurs observateurs. À la fermeture, quelque 500 millions d'actions avaient changé de mains.

Au cours de fermeture de l'action, Facebook vaut environ 105 milliards $ US, soit davantage qu'Amazon.com, McDonalds, Hewlett-Packard et Cisco.

Mais pour plusieurs investisseurs qui s'attendaient à réalisé d'incroyables gains, la croissance de 0,61 pour cent de vendredi représente une certaine déception.

«Ça n'a pas été aussi excitant que ça aurait pu l'être», a noté Nick Einhorn, un analyste pour la firme Renaissance Capital. «Mais je ne crois pas qu'on devrait y voir un échec.»

Effectivement, le léger gain pourrait signifier que Facebook et les banques d'investissements impliquées dans l'opération avaient justement mis le doigt sur la vraie valeur du titre à la veille de son inscription. Mais c'est aussi une question d'offre et de demande. Facebook a offert près de 20 pour cent de ses actions disponibles dans l'appel public à l'épargne, afin qu'il y en ait suffisamment pour répondre à la demande.

En comparaison, Google n'avait offert que 7,2 pour cent de ses actions lors de son entrée en Bourse, en 2004 — et a due faire grimper ce pourcentage à 18 pour cent dès le premier jour.

Pour marquer l'événement de vendredi, le fondateur de Facebook, Mark Zuckerberg, avait lancé la négociation sur le Nasdaq peu avant 9 h 30 (HAE) en direct du siège social de l'entreprise, en Californie.

Le premier appel public à l'épargne (PAPE) de Facebook, l'un des plus importants de l'histoire, permet à l'entreprise de récolter la coquette somme de 16 milliards $ US.

En offrant l'action à 38 $ US aux clients privilégiés des banques d'investissement, l'opération conférait une valeur boursière exceptionnelle de 104 millions $ US à Facebook, soit 107 fois ses profits nets des 12 derniers mois.

Jusqu'ici, l'action de Facebook n'était accessible qu'à des initiés. L'entrée en Bourse de l'entreprise permettra à quiconque d'en devenir actionnaire.

Facebook, le plus populaire des réseaux sociaux, compte quelque 900 millions d'utilisateurs qui partagent autant des photos de leur famille que leurs réflexions les plus profondes.

Après plusieurs années de pertes financières, Facebook est maintenant rentable. L'entreprise a enregistré un bénéfice net de 205 millions $ US sur des revenus de 1,06 milliard $ US au premier trimestre de 2012.

En 2011, Facebook a dégagé des profits nets de 1 milliard $ US sur des revenus de 3,7 milliards $ US, contre 606 millions $ US en 2010. En 2007, la firme avait essuyé une perte nette de 138 millions $ US, soit presque autant que ses revenus de 153 millions $ US.

«(Facebook) aurait pu entrer en Bourse en 2009 à un prix beaucoup plus bas, a fait remarquer l'analyste Nick Einhorn, de la firme Renaissance Capital. Ils ont attendu aussi longtemps qu'ils ont pu pour le faire, alors il est logique que la valeur des actions offertes soit aussi élevée.»

La valorisation de Facebook est la troisième plus élevée pour un PAPE, selon le fournisseur de données financières Dealogic. Seules deux banques chinoises, l'Agricultural Bank of China (en 2010) et l'Industrial and Commercial Bank of China (en 2006) avaient atteint une valeur boursière plus élevée à leur premier jour en Bourse, soit 133 milliards $ US et 132 milliards $ US respectivement.

Pour ce qui est de la somme récoltée, Facebook se classe au troisième rang des PAPE américains. Le plus important avait été celui de Visa, qui avait permis de recueillir 17,9 milliards $ US en 2008. Le deuxième avait été celui d'Enel, une entreprise énergétique, alors que General Motors occupe la quatrième place, selon Renaissance Capital.

Le prix de 38 $ US par action est celui auquel les banques d'affaires ont vendu le titre à leurs clients. Dans un PAPE, les banques sont les premières à acheter les actions auprès de la compagnie émettrice. Leurs clients sont ensuite ceux qui vendent les titres au grand public en Bourse. Si les actions gardées en réserve pour répondre à la demande additionnelle s'envolent comme prévu, Facebook et ses investisseurs hâtifs pourraient toucher jusqu'à 18,4 milliards $ US.

Les fonds récoltés par le biais du PAPE permettront entre autres à l'entreprise, fondée dans un dortoir de l'Université Harvard, d'améliorer les fonctionnalités et les services offerts aux utilisateurs. L'infusion d'argent donnera aussi les moyens à Facebook d'embaucher les meilleurs ingénieurs à son siège californien et à son bureau de New York, ouvert l'an dernier.

Sur un autre plan, l'entrée en Bourse de Facebook donnera l'occasion à ceux qui sont entrés au capital de l'entreprise, il y a sept ou huit ans, de récolter gros.

Peter Thiel, l'investisseur en capital de risque qui siège au conseil d'administration de Facebook, a investi 500 000 $ US dans le capital-actions de l'entreprise en 2004. Dans le cadre du PAPE, il a vendu près de 17 millions de ses actions, ce qui lui permettra de récolter quelque 640 millions $ US. Il conservera environ 28 millions d'actions dont la valeur dépasse 1 milliard $ US.

La valorisation stratosphérique de l'entreprise en rend plusieurs sceptiques. Ceux-ci doutent de la capacité de Facebook de s'imposer dans l'univers mobile avec un service qui a d'abord été conçu pour les ordinateurs personnels.

La valeur boursière de Google, qui exploite le populaire moteur de recherche du même nom et dont les revenus ont atteint 38 milliards $ US l'an dernier, s'élève à 207 milliards $ US.

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