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Porte close à l'ambassade de Chine à Washington pour un leader de Tiananmen

18/05/2012 03:05 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

Un des chefs de file du mouvement étudiant pour la démocratie de la place Tiananmen à Pékin en 1989, qui demande à pouvoir rentrer en Chine, a trouvé porte close à l'ambassade de Chine à Washington vendredi, où personne ne semble vouloir l'accueillir.

"Si je veux rentrer chez moi, comment dois-je faire? On est en plein dans les horaires d'ouverture, j'appelle, je sonne à la porte, et personne ne vient m'ouvrir", a regretté Wu'er Kaixi devant une poignée de journalistes.

Personne n'a répondu non plus à des appels téléphoniques passés par un journaliste de l'AFP présent devant l'ambassade.

Wu'er Kaixi, qui vit en exil à Taïwan, a dit vouloir rentrer dans son pays --quitte à y être arrêté et placé en détention-- pour rendre visite à ses parents vieillissants et à la santé fragile, dans la province de Xinjiang, au nord-ouest du pays.

Il fait partie d'un groupe de six chefs de file du mouvement de Tiananmen qui avaient demandé, en avril, au gouvernement chinois l'autorisation de rentrer, à travers un appel publié par l'organisation Human Rights in China.

"Pour des raisons politiques, on nous refuse le renouvellement de nos passeports, ou alors ils ont été invalidés, ou bien encore on nous a refusé l'entrée en Chine. En bref, nous avons été spoliés de notre droit à retourner dans notre pays", écrivaient alors Wu'er Kaixi, avec Wang Dan, Hu Ping, Wang Juntao, Wu Renhua et Xiang Xiaoji.

Wu'er Kaixi avait, avec Wang Dan, poursuivi une grève de la faim, avant que le mouvement des étudiants ne soit écrasé dans le sang. Des centaines, voire des milliers de personnes avaient trouvé la mort dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, lorsque le Parti communiste avait envoyé les chars de l'armée mettre fin à sept semaines de manifestations au coeur de Pékin qualifiées par le régime de "révolte contre-révolutionnaire".

Wu'er Kaixi, qui appartient à la minorité ouïghoure, avait réussi à fuir à Hong Kong, d'où il avait dans un premier temps gagné la France.

En juin 2010, il avait été arrêté à Tokyo alors qu'il tentait de se rendre à l'ambassade chinoise.

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