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Nucléaire: Téhéran demande à Paris de contribuer à "un compromis"

18/05/2012 06:36 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

L'Iran demande à la France de contribuer à "un compromis" la semaine prochaine lors des négociations multilatérales de Bagdad, lui permettant de continuer à enrichir de l'uranium à des fins "civiles", écrit vendredi son ambassadeur à Paris dans une tribune publiée par Le Monde.

A Bagdad, les "négociations pourront, grâce à la volonté réelle et sérieuse des parties, et à condition que le réalisme les domine, ouvrir la voie à l'obtention d'un compromis qui permette, d'une part, de dissiper les inquiétudes de la partie occidentale", souligne Ali Ahani.

"Et d'autre part, d'apporter à la partie iranienne les assurances nécessaires relatives à la poursuite de ses activités nucléaires et de l'enrichissement d'uranium sur son sol à des fins tout à fait civiles", ajoute-t-il dans son texte publié par le quotidien.

L'Occident soupçonne l'Iran de chercher à acquérir l'arme nucléaire sous couvert d'un programme civil. Téhéran s'en défend.

"L'ensemble des activités nucléaires iraniennes est sous la surveillance de l'AIEA (Agence internationale de l'énergie atomique). Par conséquent, la poursuite de celles-ci et de l'enrichissement d'uranium en Iran ne laisse place à aucune inquiétude", poursuit l'ambassadeur iranien.

Sa tribune, plutôt rare venant d'un représentant de Téhéran, n'évoque pas les difficultés de l'AIEA à mener son travail. Elle survient le jour de la première rencontre à Washington entre les présidents américain et français, Barack Obama et François Hollande qui sera suivie dans la soirée par une discussion sur l'Iran entre membres du groupe des plus grandes puissances (G8).

Les inspections "ont confirmé l'absence de toute déviation dans le programme nucléaire iranien", assure aussi Ali Ahani, sans mention des multiples résolutions de l'ONU, assorties de sanctions, qui réclament à Téhéran de suspendre l'enrichissement d'uranium qui peut conduire à fabriquer une bombe atomique.

L'ambassadeur iranien reconnaît qu'il "n'est pas imaginable de s'attendre à ce que la France prenne ses distances avec ses autres alliés". "Il est du moins permis d'espérer qu'elle opte désormais pour une vision réaliste et constructive, et qu'elle oeuvre pour la reconnaissance des droits inaliénables de l'Iran" en matière de nucléaire civil, "agissant enfin pleinement pour la réussite des négociations", ajoute-t-il.

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