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Nervosité palpable chez SpaceX avant un lancement historique vers l'ISS

18/05/2012 07:21 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

La nervosité était palpable vendredi parmi les employés de la société américaine SpaceX à la veille du lancement de sa fusée Falcon 9 et de sa capsule Dragon pour le premier vol privé vers l'ISS qui, en cas de succès, serait un tournant historique pour le transport dans l'espace.

Le tir de ce vol de démonstration qui prévoit un amarrage du vaisseau non-habité à l'avant-poste orbital lundi, est prévu à 4H55 du matin samedi (8H55 GMT) depuis la base aérienne de Cap Canaveral (Floride) près du Centre Spatial Kennedy dans une fenêtre de tir instantanée, avec à peine quelques secondes.

La météo est encourageante avec 70% de probabilités de conditions favorables au moment du lancement, reporté à trois reprises depuis le 7 février pour vérifier notamment la compatibilité des logiciels de Dragon avec la Station spatiale internationale (ISS).

En cas d'impossibilité samedi, SpaceX pourra faire une autre tentative le 22 mai. Si le lancement ne peut pas avoir lieu le 29 mai, il faudra attendre le 18 juin pour qu'une orientation du pas de tir à Cap Canaveral par rapport à l'ISS redevienne favorable.

"Il ne fait aucun doute que ce sera un vol historique en cas de succès de l'amarrage de Dragon à l'ISS", a dit lors d'une conférence de presse Gwynne Shotwell, directrice générale de SpaceX, la toute jeune société créée et dirigée par le milliardaire Elon Musk qui a fait fortune dans l'internet.

"Il n'y a que quatre nations ou groupe de nations qui se sont jusqu'à présent amarrés à l'ISS à savoir, l'Europe, la Russie, les Etats-Unis et le Japon", a rappelé Mme Shotwell, sans dissimuler sa nervosité et celle de toutes l'équipe de SpaceX.

"Je pense que nous allons nous ronger les ongles entre le moment du lancement et celui de l'amarrage 75 heures après", a-t-elle dit, soulignant que le tir lui-même sera "un moment de grande nervosité" vu la quasi absence de fenêtre.

"Si nous n'avons pas lancé quelques secondes passées 4H55, il faudra annuler le tir", a-t-elle souligné, expliquant que "c'est très dur pour l'équipe de SpaceX".

"Je ne pense pas qu'on va beaucoup dormir au cours des 75 prochaines heures", a résumé la responsable de la société basée en Californie, qui a été fondée en 2002 et dont la première fusée a volé il y a quatre ans. Elle a toutefois estimé, en hésitant, à plus de 50% les chances de succès.

Prudente, la Nasa, qui a signé un partenariat avec SpaceX et lui a octroyé un contrat de 1,6 milliard de dollars pour douze missions de livraison de fret à la Station en quatre ans, a insisté vendredi sur le fait qu'il s'agissait d'un vol d'essai.

"C'est un vol d'essai et la Nasa voit cela essentiellement comme une occasion d'apprendre qui nous place dans une meilleure posture pour le prochain vol", a expliqué lors de cette même conférence de presse, Phil McAlister, directeur à la Nasa chargé du développement des vols spatiaux commerciaux.

"Si SpaceX réussit la plupart ou la totalité des tests prévus des différents systèmes, ce sera une très bonne chose et je serai personnellement satisfait", a-t-il déclaré. "Si en plus ils peuvent remplir tous les objectifs de la mission dont l'amarrage à l'ISS, ce sera encore mieux".

Il a aussi jugé "qu'il était temps pour la Nasa de confier les missions de livraison de fret à l'ISS au secteur privé qui est plus efficace en termes de coûts, permettant à l'agence d'utiliser l'argent économisé à d'autres choses".

Guynne Shotwell a précisé que SpaceX avait une position financière solide grâce notamment au quatre milliards de dollars de contrats de lancements de satellite commerciaux qui lui permette d'investir dans les autres projets de transport orbital avec la Nasa.

Elle a précisé que la firme avait déjà dépensé 680 millions dollars sur ce projet pour livrer du fret à l'ISS et la Nasa a déjà contribué pour 390 millions de dollars.

js/eg

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