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Manifester masqué désormais interdit à Montréal

18/05/2012 04:03 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

Le port d'un masque lors d'une manifestation est désormais interdit à Montréal à la suite du vote vendredi d'une directive à la mairie, au moment où le gouvernement provincial s'apprête à restreindre drastiquement le droit de manifester au Québec.

Ce nouveau règlement de la ville de Montréal a été adopté dans le contexte du conflit étudiant qui agite la province depuis plus de trois mois et dont la métropole québécoise est l'épicentre. Les manifestations, quotidiennes, ont parfois dégénéré après l'infiltration de casseurs.

Le règlement indique qu'en principe, les manifestants auront l'obligation d'avoir le visage découvert "à moins d'un motif raisonnable", comme par exemple lors de la fête d'Halloween.

Le chef de la police de Montréal, Marc Parent, qui ne cache pas que "plus le conflit (étudiant) s'étire, plus j'ai peur d'un événement tragique", a promis que les policiers interpréteraient "avec discernement ce règlement-là".

La police devra dorénavant être informée de la tenue, du lieu exact et de l'itinéraire d'une manifestation. Les contrevenants s'exposeront à des amendes de 500 à 1.000 dollars pour une première infraction.

A la mairie, l'opposition a voté contre ce règlement, estimant qu'il était inutile alors qu'une législation semblable est en cours de préparation au parlement fédéral d'Ottawa.

La décision de Montréal intervient aussi au moment où l'Assemblée nationale du Québec devait adopter en fin de journée un projet de loi spéciale contre la grève étudiante prévoyant de sévères restrictions aux libertés fondamentales et qui a provoqué une levée de boucliers dans la population.

Ce projet de loi restreint le droit de manifester sans accord préalable avec la police et interdit tout rassemblement à moins de 50 mètres des établissements scolaires.

Il prévoit aussi de très lourdes amendes pour les organisateurs de manifestations, un individu s'exposant à une amende de 1.000 à 5.000 dollars par jour, tandis qu'une association d'étudiants encourrait une amende de 25.000 à 125.000 dollars par jour et le double en cas de récidive.

Le seul député de la gauche radicale à l'assemblée, Amir Khadir, a dit qu'il réfléchissait à encourager les citoyens à la désobéissance civile pacifique contre cette "loi matraque".

jl/via/lor

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