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L'inflation annuelle en hausse de 0,1 pour cent en avril au Canada

18/05/2012 08:35 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

OTTAWA - L'inflation canadienne semble être entrée dans une période de stabilité près de la cible de deux pour cent privilégiée par la Banque du Canada, ce qui enlève un argument à ceux qui aimeraient voir une hausse des taux d'intérêt d'ici peu.

L'inflation annuelle a avancé d'un dixième de point pour s'établir à deux pour cent en avril, tandis que l'inflation de base, qui exclut les éléments dont les prix sont plus volatils, a grimpé de deux dixièmes à 2,1 pour cent.

La plus grande surprise des données dévoilées par Statistique Canada réside dans les coûts de l'énergie. Après avoir été la plus grande source de volatilité dans les prix pendant plusieurs années, leur influence a pratiquement disparu en avril.

Influencée par les fluctuations des prix de l'énergie et de l'essence, l'inflation avait glissé jusqu'à un pour cent en juin 2010 et grimpé jusqu'à 3,7 pour cent en mai dernier.

Pour la première fois depuis octobre 2009, les coûts de l'énergie en avril ont avancé moins rapidement que l'indice d'ensemble, avec une minuscule progression de 1,1 pour cent sur une base annuelle.

L'agence gouvernementale a noté que, même si le prix de l'essence a grimpé ces derniers mois et qu'il a permis à l'indice de l'essence d'atteindre en avril son plus haut niveau depuis juillet 2008, sur une base annuelle, il s'agit de la plus faible croissance depuis septembre 2010. Cela s'explique en grande partie par le fait que le prix de l'essence avait quasiment atteint des niveaux records en avril 2011, a précisé Statistique Canada.

«Il semble bien que deux pour cent est (un niveau d'inflation) envisageable pour cette année et probablement pour la suivante», a observé l'économiste Doug Porter, de la Banque de Montréal.

«Je crois qu'il est intéressant de constater qu'il y a une vigueur sous-jacente dans l'inflation de base, mais je ne crois pas qu'elle est suffisante pour qu'on s'en inquiète pour l'instant.»

M. Porter a précisé que même si les prix de l'essence avaient grimpé de mars à avril, cela ne signifiait déjà plus rien parce qu'ils avaient reculé avec les cours mondiaux du pétrole, ce qui se reflétera dans les données du mois de mai.

Selon Leslie Preston, de la Banque TD, le gouverneur de la banque centrale, Mark Carney, pourrait tout de même justifier une modeste hausse des taux d'intérêt, compte tenu que le taux de financement à un jour est à son très faible niveau d'un pour cent depuis septembre 2010.

Pour un deuxième mois consécutif, la hausse du salaire moyen est légèrement supérieure à l'inflation à 2,3 pour cent. En outre, le Canada a connu ses deux meilleurs mois d'embauches, pris ensemble, en trois décennies, avec la création de 140 000 emplois en mars et avril. D'autres données économiques témoignent aussi d'une croissance économique pour le premier trimestre.

Mais l'éléphant dans la pièce de toutes les discussions sur les taux d'intérêt reste la crise des dettes en Europe et l'impact que celle-ci pourrait avoir sur le Canada si elle dégénérait davantage.

«Avec autant d'incertitude qui pèse sur l'économie mondiale, la Banque du Canada peut se permettre de prendre son temps et de ne mettre en place que de modestes hausses au cours des deux prochaines années», a affirmé Leslie Preston.

Plusieurs analystes croient toujours que la banque centrale ne fera pas bouger ses taux d'intérêt avant au moins le début de l'an prochain.

Sur une base mensuelle, les prix à la consommation ont grimpé de 0,4 pour cent en avril, par rapport au mois de mars, le coût de l'essence ayant grimpé de 3,2 pour cent en un mois.

Dans les différentes provinces, l'inflation a été la plus forte à Terre-Neuve-et-Labrador, à trois pour cent, tandis que la plus faible hausse des prix à la consommation a été observée en Alberta, à 0,8 pour cent, en raison de la baisse des coûts de l'électricité et du gaz naturel.

En avril, les prix ont grimpé sur une base annuelle dans chacun des huit principaux groupes étudiés par Statistique Canada. Les plus fortes hausses ont été observées dans les secteurs du transport et des aliments, avec des gains respectifs de 3,4 pour cent et 2,5 pour cent.

Au Québec, l'inflation annuelle s'est établie à 2,4 pour cent en avril. En Ontario, elle s'est chiffrée à 2,1 pour cent et au Nouveau-Brunswick, elle a été de 2,6 pour cent.

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