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La vedette du film italien «Reality» purge une peine de prison à vie

18/05/2012 02:25 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

CANNES, France - L'une des révélations du Festival de Cannes, cette année, est sans doute Aniello Arena, dans le rôle d'un homme obsédé par son désir de participer à une téléréalité à la «Big Brother» dans le film «Reality».

L'acteur brillera toutefois par son absence sur le tapis rouge de la première du film italien, vendredi soir. Il sera alors où il se trouve depuis deux décennies: en prison.

Arena est brillant dans le film du réalisateur de «Gomorra», Matteo Garrone, et plusieurs spectateurs ont été étonnés d'apprendre que l'acteur purge une peine de prison à vie et qu'il travaille depuis dix ans pour la troupe de théâtre de la prison Fortezza. Il n'avait jamais participé à un long métrage avant «Reality».

Le réalisateur a précisé qu'il souhaitait avoir Arena dans «Gomorra», mais que sa demande avait été refusée par un juge. L'acteur a finalement reçu l'autorisation de participer au tournage de «Reality», mais n'a pu se rendre au Festival de Cannes.

Garrone a confié qu'Arena ne s'était pas montré trop déçu par son absence à Cannes, parce que le succès du film signifie qu'il pourra continuer à jouer.

Les relationnistes du film n'ont pas voulu commenter sur la nature des crimes dont il a été reconnu coupable.

L'incarcération — mentale plutôt que physique — est l'un des thèmes du film, seule oeuvre italienne parmi les 22 en lice pour la Palme d'or.

Arena tient le rôle de Luciano, un homme de famille qui devient obsédé par la notion de gloire télévisuelle. Garrone a indiqué que le film dépeint la téléréalité comme «un paradis sur Terre, une sorte d'El Dorado que les gens souhaitent atteindre».

Pénétrer dans la maison de «Big Brother» devient une idée qui emprisonne Luciano et qui prend graduellement le contrôle de sa vie.

Le réalisateur a expliqué que l'arrivée de l'acteur d'une quarantaine d'années dans le «vrai monde» après des années derrière les barreaux l'a aidé à montrer l'émotion d'un homme captivé par un univers qu'il découvre.

«Reality» est rempli de coeur et d'humour, surtout grâce aux personnages colorés qui composent la famille et les voisins de Luciano, mais le film devient plus sombre au fur et à mesure que la quête du personnage le plonge dans une sorte de folie.

«Initialement, notre idée était de produire une comédie, a expliqué le scénariste Ugo Chiti. Je crois que la comédie a évolué (...) et est devenue une sorte de tragédie.»

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