NOUVELLES

France: le ministère du Développement, un "changement d'état d'esprit" (Premier ministre)

18/05/2012 06:08 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a affirmé vendredi que la disparition du portefeuille de la Coopération, trop longtemps associé à la "Françafrique", au profit d'un ministère du Développement était le signe d'un "changement d'état d'esprit".

Interrogé sur la radio France Inter sur le sens du changement d'intitulé du ministère traditionnellement en charge des questions africaines, Jean-Marc Ayrault a répondu: "C'est un changement d'état d'esprit. Le mot +coopération+ a un côté désuet et rappelle d'autres époques, un peu paternalistes".

"La plupart des dirigeants africains, notamment démocratiques, souhaitent de nouveaux rapports. C'est bien le signe qui est donné, celui du développement, du co-développement. La Françafrique, pour nous c'est dépassé", a-t-il affirmé.

Ce vocable de "Françafrique", inventé dans un sens positif par l'ancien président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, a rapidement désigné les réseaux d'influence mêlant politique, affaire et affairisme entre Paris et ses anciennes colonies africaines.

L'arrivée à la tête de ce ministère du jeune député européen écologiste Pascal Canfin est un autre symbole de ce renouveau. Cet ancien journaliste de 37 ans n'est pas spécialiste du développement, mais expert en matière de lutte contre les lobbies financiers et les paradis fiscaux.

Il a plaidé dès jeudi pour une politique "davantage tournée vers la société civile" dans le cadre d'un "développement soutenable".

Interrogé sur la baisse des budgets de l'aide au développement (-5,6% en un an) dont 60% est destinée à l'Afrique, le Premier ministre s'est clairement engagé: "Il ne faut surtout pas qu'ils (les budgets) baissent".

"Nous voulons un vrai partenariat. Au delà du développement, un co-développement, la co-décision", a-t-il insisté.

La disparition du ministère de la Coopération, que plusieurs intellectuels africains appelaient de leurs voeux, a été aussi saluée par le socialiste François Loncle, membre de la commission des Affaires étrangères à l'Assemblée nationale, sur Radio France Internationale (RFI).

"C'est plus que symbolique, c'est très important", a-t-il affirmé. "Je pense qu'il faut s'investir davantage, retourner en Afrique et retourner de bonne façon", a-t-il ajouté.

sb/hr/cpy

PLUS:afp