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Entrée en Bourse de Facebook: faut-il se ruer sur les actions du réseau social?

18/05/2012 11:03 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

NEW YORK, États-Unis - Faut-il se précipiter sur les actions Facebook? À 38 $ US, le titre «FB», le réseau social créé par Mark Zuckerberg, est valorisé à environ 104 milliards $ US pour son entrée en Bourse vendredi, mais n'est-il pas surévalué et l'investissement sera-t-il si rentable?

Ceux qui possèdent déjà des titres, notamment une partie des employés du groupe, sont certains de gagner en les revendant, de même que les gros investisseurs qui les auront acquis au prix initial pour les écouler dans la foulée d'une introduction en fanfare. Quant aux autres...

La tentation est grande d'investir tout de suite dans ce qui pourrait être le prochain Google, son grand rival. On se souvient que le numéro un des moteurs de recherche sur Internet avait été introduit à 85 $ US l'action pour s'échanger à 100 $ US dès la première cotation et grimper au-dessus de 700 $ US en 2007. Quatre ans plus tard, il se maintient au-dessus des 600 $ US. Mais les chances d'une performance similaire dans le marché actuel semblent minces.

D'abord, la vaste majorité des investisseurs ordinaires n'auront pas accès aux actions de Facebook à 38 $ US car ils passeront après les initiés et les clients des banques d'investissement. Le cours flambe quasiment toujours très vite pendant qu'arrivent les premiers ordres d'achat au prix du marché.

Ensuite, certains s'inquiètent des signes de ralentissement et s'interrogent sur la capacité de Facebook à poursuivre son expansion dans l'espace mobile alors que Mark Zuckerberg l'a conçu dans sa chambre de Harvard il y a huit ans pour une utilisation sur ordinateur fixe. En outre, l'évolution du réseau social dépend aussi de celle du marché publicitaire et des législations sur la protection des données privées.

Enfin, sans remonter jusqu'à l'éclatement de la bulle Internet au début des années 2000, l'histoire récente des groupes vedettes du Web incite à la prudence:

- Pandora, une radio en ligne américaine, a fait son entrée sur le Nasdaq, la bourse des valeurs technologiques, le 15 juin dernier à 20 $ US. Les investisseurs ordinaires ont pu se procurer des actions à 26 $ US dans la journée... mais elles valent moins de 11 $ US aujourd'hui.

- Groupon, la société de réduction sur les achats groupés en ligne, avait été introduit à 20 $ US le 4 novembre 2011, s'était envolé à plus 31 $ US dans la journée... et en vaut moins de 13 désormais.

- Zynga, développeur de «FarmVille» et autres jeux sur Facebook, avait démarré à 10 $ US le 16 décembre 2011, était monté à 11,50 $ US dans la journée, et avoisine actuellement les 8 $ US.

Même l'une des introductions en Bourse vedettes de l'an dernier n'apparaît plus comme une si bonne affaire si l'on prend en compte le facteur risque: mise sur le marché à 45 $ US le 19 mai, l'action du réseau social professionnel LinkedIn a plus que doublé de valeur en quelques minutes, culminant à 122,70 $ US pour terminer sa première journée de cotation à 94,25 $ US. Aujourd'hui, après une année de turbulences boursières, le titre s'échange aux environs de 105 $ US, ce qui ne représente qu'un gain somme toute modeste de 11 pour cent par rapport au cours initial.

Finalement, celui qui touche à coup sûr le gros lot est le fondateur et PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, qui fêtait ses 28 ans lundi. Après la vente prévue d'environ 30 millions de titres vendredi, il en possédera encore 503,6 millions, soit 32 pour cent du total, et restera le plus gros actionnaire du groupe aux 900 millions d'utilisateurs. Il contrôlera la société, avec 56 pour cent des droits de vote et à 38 $ US l'action, son portefeuille d'actions de Facebook pèsera 19,1 milliards $ US.

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