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Des milliers de manifestants dénoncent le régime de Bachar el-Assad à Alep

18/05/2012 02:58 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Les forces de sécurité syriennes ont tiré des gaz lacrymogènes et des munitions réelles à Alep, vendredi, pour disperser une manifestation que des militants ont décrite comme la plus importante dans cette ville du nord de la Syrie depuis le début de la révolte contre le régime de Bachar el-Assad, en mars 2011.

Selon un militant présent sur place, la plus grande ville de Syrie a connu vendredi sa plus importante manifestation depuis le début du soulèvement. D'après ce militant, Mohammad Saeed, plus de 10 000 personnes ont manifesté dans les quartiers de Salaheddine et d'Al-Shaar, tandis que des milliers d'autres se sont rassemblées dans d'autres quartiers de la ville.

Mohammad Saeed a précisé que plusieurs personnes avaient été blessées lorsque les forces gouvernementales ont tiré des gaz lacrymogènes et des balles réelles pour disperser la foule, sans pouvoir donner de bilan précis.

Le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'homme, Rami Abdul-Rahman, a estimé que la manifestation montrait qu'un «véritable soulèvement se produit à Alep ces jours-ci». Jeudi, quelque 15 000 étudiants avaient manifesté devant l'université d'Alep en présence des observateurs de l'ONU, avant que les forces de sécurité ne dispersent le rassemblement.

Des milliers de Syriens ont également manifesté vendredi dans d'autres villes. Selon des militants de l'opposition, les forces de sécurité ont ouvert le feu dans la banlieue de Damas et à Hama, dans le centre du pays, pour disperser des manifestants.

Les Comités locaux de coordination et l'Observatoire des droits de l'homme ont par ailleurs fait état de bombardements des forces gouvernementales vendredi matin à Rastan, une ville du centre du pays contrôlée par les rebelles depuis janvier. Des vidéos diffusées sur Internet par des militants montrent une épaisse fumée dans certains quartiers de la ville.

De son côté, le chef de la mission d'observation des Nations unies en Syrie, le général norvégien Robert Mood, a affirmé vendredi que les observateurs ne pouvaient mettre fin au conflit à eux seuls.

Il y a actuellement 200 observateurs déployés en Syrie. Selon la résolution votée par le Conseil de sécurité de l'ONU le 21 avril, la mission d'observation doit comporter «jusqu'à 300 observateurs militaires non armés, ainsi qu'une composante civile appropriée».

Mais la mission ne parviendra pas à elle seule à «un arrêt permanent de la violence sans engagement véritable» de toutes les parties concernées «à donner une chance au dialogue», a déclaré le général Mood au cours d'une conférence de presse à Damas.

«Je suis plus convaincu que jamais que la violence ne pourra pas résoudre la crise», a ajouté le général Mood.

Le cessez-le-feu entré en vigueur le 12 avril dans le cadre du plan de sortie de crise de Kofi Annan est largement ignoré. «Nous condamnons dans les termes les plus vigoureux la violence sous toutes ses formes de toutes les parties», a déclaré Ahmad Fawzi, porte-parole de Kofi Annan, l'émissaire spécial des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie.

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