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Des milliers d'anciens militaires haïtiens réclament le retour de l'armée

18/05/2012 05:32 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

Plusieurs milliers d'anciens militaires haïtiens ont défilé vendredi dans plusieurs villes du pays pour exiger la reformation de l'armée, dissoute en 1994 par l'ex-président Jean-Bertrand Aristide, a constaté un journaliste de l'AFP.

Acclamés par de nombreux jeunes, les militaires ont défilé par milliers à Carrefour, dans la banlieue sud de la capitale Port-au-Prince, où ils occupent depuis plusieurs mois un ancien camp d'entraînement de l'armée.

Des patrouilles de Casques bleus avaient été déployées sur leur parcours par mesure de sécurité.

"Nous voulons le retour de l'armée, la Minustah (Mission de stabilisation de l'ONU en Haïti, ndlr) peut rentrer chez elle", chantaient des groupes de manifestants qui encadraient les ex-militaires vêtus d'uniformes de l'ancienne armée, certains portant des armes de poing.

Au Cap-Haïtien (nord), deuxième ville du pays, des anciens militaires ont aussi défilé et des incidents ont éclaté dans un quartier populaire d'où ils ont été violemment chassés des jeunes, selon la presse locale.

Un ancien sergent a été sévèrement battu par des jeunes qui s'opposent au retour de l'armée, selon un de ses enfants.

Des défilés ont également été signalés dans d'autres villes du pays par des radios haïtiennes.

Les anciens militaires ont ignoré l'appel lancé le 14 mai par le président haïtien Michel Martelly qui demandait aux ex-soldats d'abandonner les bâtiments publics qu'ils occupent dans plusieurs régions du pays.

M. Martelly s'était engagé à reconstituer l'armée, avant de revenir sur cette promesse électorale devant la réticence de certains pays amis d'Haïti jugeant que le retour de l'armée n'est pas une priorité dans un pays frappé par un violent séisme en 2010.

Les manifestations des ex-militaires, qui exigent également le paiement de leurs pensions, ont eu lieu alors que M. Martelly commémorait le 209e anniversaire de la création du drapeau haïtien à L'Arcahaie, à une trentaine de kilomètres au nord de la capitale.

Le chef de l'Etat y a lancé un appel à l'unité: "Il faut faire de l'union l'axe fondamental de notre vécu quotidien, le fil conducteur à partir duquel nous devrions penser et réaliser notre développement", a-t-il déclaré.

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