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Canada: Conrad Black menace de poursuivre le chef de l'opposition

18/05/2012 02:09 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

L'ex-magnat de la presse Conrad Black menace de poursuivre le chef de l'opposition à la Chambre des Communes d'Ottawa, Thomas Mulcair, qui l'avait qualifié de "criminel britannique" à son retour au Canada début mai après sa sortie de prison aux Etats-Unis.

M. Mulcair, chef du Nouveau parti démocratique (NPD, gauche), avait accusé le gouvernement conservateur d'Ottawa d'avoir accordé un traitement de faveur à Conrad Black en lui accordant un permis de résidence temporaire au Canada.

M. Black, qui avait renoncé à sa nationalité canadienne en 2001 pour pouvoir accéder à la Chambre des Lords en Grande-Bretagne, est revenu au Canada le 4 mai après avoir purgé une peine d'un peu plus de trois ans aux Etats-Unis pour fraude et entrave à la justice.

Dans un entretien à la télévision publique canadienne qui sera diffusée lundi, Conrad Black insiste qu'il n'a fait "aucune démarche" auprès du gouvernement conservateur et il s'en prend avec virulence à M. Mulcair.

"S'il acceptait seulement de lever son immunité parlementaire, il me ferait plaisir de le poursuivre pour diffamation", affirme M. Black, 67 ans, selon des extraits de l'entretien diffusés vendredi.

Le Premier ministre canadien Stephen Harper avait lui aussi rejeté les accusations de M. Mulcair en assurant que la décision de lui accorder un permis temporaire avait été prise par des fonctionnaires.

La femme de M. Black, Barbara Amiel, a néanmoins révélé au magazine MacLean's que, pendant ses dernières heures en prison, Conrad Black craignait qu'Ottawa cède aux pressions politiques et ne le laisse pas revenir au Canada.

"C'est un Conrad dans tous ses états qui m'a appelé de la prison à 06h05 du matin: +Je n'ai pas dormi de la nuit. Le gouvernement va plier. Je prend mes pilules pour la pression sanguine mais je ne sais pas combien de temps encore je peux tenir sans que je fasse une crise cardiaque+", a raconté Barbara Amiel.

A faîte de sa gloire, Conrad Black trônait sur un empire qui comptait une multitude de titres, dont le Daily Telegraph à Londres, le Sun-Times de Chicago, la National Post de Toronto, le Jerusalem Post et le Sydney Mourning Herald.

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