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Bahreïn: des manifestants dénoncent le rapprochement avec l'Arabie saoudite

18/05/2012 05:13 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

MANAMA, Bahreïn - Des dizaines de milliers de manifestants scandant «Bahreïn n'est pas à vendre» ont occupé une autoroute majeure du royaume, vendredi, pour dénoncer la proposition de rapprochement entre leur pays et l'Arabie saoudite.

Les manifestants ont occupé une section de plus de cinq kilomètres d'une autoroute située près de la capitale, Manama. L'importante mobilisation met en évidence la désapprobation des citoyens de Bahreïn face à la volonté de leurs dirigeants de partager avec l'Arabie saoudite certains secteurs stratégiques du gouvernement comme la Défense et les Affaires étrangères.

Le gouvernement saoudien a fourni des troupes et de l'argent à la monarchie sunnite au pouvoir à Bahreïn lors du soulèvement populaire qui a commencé en février 2011.

Les leaders de la majorité chiite de Bahreïn estiment que le rapprochement avec l'Arabie saoudite revient à renoncer à l'indépendance de leur pays. Ils craignent que les forces saoudiennes aient plus de pouvoir dans la répression des manifestations.

Plus tôt cette semaine, les leaders des pays du golfe Persique ont reporté à plus tard la décision d'accroître la coopération entre les six membres du Conseil de coopération du golfe. Certains membres, dont les Émirats arabes unis, craignent qu'une plus grande coopération ne donne trop de pouvoir à l'Arabie saoudite.

Des manifestations et des affrontements avec les forces de l'ordre ont lieu presque chaque jour à Bahreïn depuis le début du soulèvement de la majorité chiite, dans le sillage du Printemps arabe.

Les groupes d'opposition demandent une plus grande place pour les chiites dans ce royaume dirigé par la minorité sunnite. Au moins 50 personnes ont été tuées depuis le début du mouvement dans le pays.

Aucune victime n'a été rapportée lors de la manifestation de vendredi.

Les dirigeants de Bahreïn accusent l'Iran, un pays à majorité chiite, d'avoir encouragé le soulèvement populaire, sans toutefois avoir fourni de preuves pour le confirmer. Néanmoins, plusieurs Iraniens ont exprimé leur sympathie envers les chiites de Bahreïn, tandis que des responsables iraniens ont durement critiqué l'intervention militaire menée par les Saoudiens.

Vendredi, à Téhéran, une manifestation appuyée par le gouvernement iranien a dénoncé le pacte d'unité proposé par le Conseil de coopération du golfe. Le leader de la manifestation, le religieux Kazem Sedighi, a estimé que la proposition d'accord était une «conspiration» qui vise «l'annexion» de Bahreïn par l'Arabie saoudite, le principal rival régional de l'Iran.

«Bahreïn et les pays de la région, ainsi que le monde musulman et la nation iranienne, n'accepteront jamais cette conspiration», a dit M. Sedighi.

Selon la télévision publique iranienne, d'autres manifestations semblables rassemblant des milliers de personnes ont eu lieu dans d'autres villes du pays.

Plusieurs nationalistes et ultraconservateurs iraniens estiment que Bahreïn, qui a obtenu son indépendance du Royaume-Uni en 1971, fait partie intégrante de l'Iran, comme c'était le cas avant le régime colonial.

Jusqu'à la Révolution islamique de 1979 en Iran, le pays gardait deux sièges vides au Parlement pour les représentants de la «province de Bahreïn».

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