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Ankara menace de représailles les candidats à un projet énergétique à Chypre

18/05/2012 01:57 EDT | Actualisé 18/07/2012 05:12 EDT

Le ministère turc des Affaires étrangères a appelé vendredi les consortiums candidats à un appel d'offre chypriote-grec sur l'exploration pétrolière et gazière au large de l'île à se retirer, les menaçant sinon de les exclure de tout projet de coopération en Turquie.

"Nous invitons les pays et les compagnies pétrolières concernées à se comporter avec bon sens en renonçant à toute activité dans cette zone maritime à l'origine de différends liés à la question chypriote et en se retirant de l'appel d'offre en question", a déclaré le ministère dans un communiqué.

Il poursuit en prévenant que lesdites compagnies seront tenues pour "responsables" des tensions qui pourraient surgir dans la région si elles entament une coopération avec le gouvernement chypriote-grec "au mépris des droits des Chypriotes turcs".

"Il sera hors de question d'inclure les compagnies qui auront coopéré avec l'administration chypriote-grecque dans les projets énergétiques futurs en Turquie", ajoute le communiqué.

La République de Chypre, reconnue par la communauté internationale à l'exception de la Turquie et dont l'autorité s'étend sur le sud (grec) de l'île, a condamné l'"attitude provocatrice de la Turquie qui cherche une politique de la canonnière pour promouvoir ses desseins expansionnistes à Chypre".

"Les menaces turques ne vont pas entamer la détermination de la République à poursuivre l'application de son programme de recherches, d'exploration et d'exploitation", a déclaré le ministère des Affaires étrangères dans un communiqué.

Chypre avait annoncé vendredi dernier que 15 sociétés et consortiums avaient déposé des offres lors d'enchères portant sur 12 blocs d'exploration pétrolière et gazière au large de l'île méditerranéenne.

La Turquie a manifesté à plusieurs reprises son opposition à ces explorations qu'elle qualifie d"illégales", estimant que la partie chypriote-grecque n'a pas le droit de faire des recherches tant que l'île est divisée, car cela revient à exclure les Chypriotes turcs du bénéfice des ressources découvertes.

Les offres ont été déposées par dix consortiums et cinq groupes, dont le français Total, le malaisien Petronas et l'américain ATP.

La décision finale, qui portera sur 12 des 13 blocs de la République de Chypre, doit être prise par le gouvernement dans les six mois.

L'américain Noble Energy, qui s'est déjà vu attribuer le bloc n°12 en 2011, a annoncé qu'il avait découvert un gisement de gaz pouvant atteindre 226,5 milliards de mètres cubes, pour une valeur estimée de 100 milliards d'euros.

Selon plusieurs médias, d'autres gisements de gaz mais également de pétrole pourraient être mis au jour dans les blocs adjacents.

Chypre est divisée depuis 1974, après que la Turquie a envahi le nord de l'île à la suite d'un coup d'Etat fomenté par des nationalistes chypriotes-grecs et visant à rattacher le pays à la Grèce. La République turque de Chypre Nord (RTCN, autoproclamée) est reconnue par la seule Turquie.

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