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Une étude recommande d'inviter les prestataires d'assurance-emploi à déménager

17/05/2012 02:17 EDT | Actualisé 17/07/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le gouvernement fédéral aurait songé à inviter les prestataires d'assurance-emploi à déménager dans des régions où les emplois sont plus abondants, suggère une nouvelle étude réalisée par le ministère des Ressources humaines.

De telles mesures iraient au-delà des nouvelles politiques adoptées par le gouvernement Harper, qui imposent à certains prestataires d'accepter des emplois disponibles dans leur propre région.

L'étude menée auprès d'un groupe échantillon a été complétée en janvier dernier. Les chercheurs ont demandé à 75 prestataires d'assurance-emploi du Québec et de l'Atlantique ce qui pourrait les inciter à déménager vers des régions où des emplois sont disponibles. L'étude avait été demandée en juin dernier, peu de temps après l'élection d'un gouvernement conservateur majoritaire.

La firme Sage Research a expliqué que les chômeurs de Rouyn-Noranda, au Québec, de Corner Brook, à Terre-Neuve-et-Labrador, de Miramichi, au Nouveau-Brunswick, et de Yarmouth, en Nouvelle-Écosse, ont tous accueilli favorablement divers incitatifs financiers, comme un remboursement de leurs frais de déménagement ou des coûts encourus pour se présenter à une entrevue.

Un «concept serait de rembourser les frais de déménagement des gens sans emploi qui se sont installés ailleurs et qui ont trouvé un emploi permanent dans une autre région, explique la version finale du rapport obtenue par La Presse Canadienne en vertu d'une demande d'accès à l'information. Plusieurs participants ont réagi positivement à ce concept.»

L'étude n'a toutefois pas examiné si un retrait éventuel des prestations d'assurance-emploi pourrait aussi inciter les chômeurs à déménager, et s'est plutôt concentrée sur le remboursement des coûts.

Une porte-parole de la ministre fédérale des Ressources humaines, Diane Finley, a cherché à la distancer de cette étude.

«L'étude a été demandée par le ministère à l'insu de la ministre, a dit Alyson Queen par voie de courriel. Nous avons indiqué clairement que les améliorations que nous apportons au régime d'assurance-emploi visent à relier les Canadiens aux emplois disponibles dans leur région.

«Nous ne savions rien de ce rapport ou de cette étude. Nous ne l'avons pas demandée et elle ne s'inscrit pas dans nos discussions», a ajouté Mme Queen.

La ministre Finley a ensuite émis un communiqué depuis Guadalajara, au Mexique, où elle se trouvait. «Le Plan d'action économique 2012 vise à rehausser les efforts pour relier les Canadiens aux occasions présentes sur leur marché de l'emploi. L'étude en question n'a pas eu d'influence sur la direction que nous adoptons pour améliorer l'assurance-emploi.»

Un chercheur du Centre Mowat, un groupe de recherche de Toronto, a confirmé que l'examen de «subventions à la mobilité» semble en effet déconnecté des récentes déclarations du gouvernement concernant l'assurance-emploi. Jon Medow a toutefois fait remarquer que les nouvelles politiques du travail adoptées par le gouvernement Harper sont parfois incohérentes.

L'étude a enfin permis de déterminer que les prestataires d'assurance-emploi ne savaient pas que les prestations versées dans une région où le taux de chômage est élevé sont plus généreuses que celles offertes dans des régions où le taux de chômage est faible.

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