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Téhéran conseille à Bahreïn de "changer de méthode"

17/05/2012 08:38 EDT | Actualisé 17/07/2012 05:12 EDT

Le projet d'union saudo-bahreini signifie la disparition de Bahreïn, un pays à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite, a estimé jeudi le porte-parole de la diplomatie iranienne, conseillant aux dirigeant de cette monarchie de "changer de méthode".

"Il semble que les problèmes internes, la répression des manifestations pacifiques de la population par les dirigeants bahreinis et l'intervention militaire de l'Arabie Saoudite ont crée une situation inadéquate", a indiqué Rahmin Mehmanparast cité par l'agence Irna.

"Nous conseillons aux dirigeants de Bahreïn de changer de méthode et de ne pas aggraver la situation avec de tels plans", a-t-il ajouté faisant référence à un projet d'union des six monarchies du Golfe qui pourrait débuter par celle de l'Arabie saoudite et de Bahreïn.

"En général ce sont deux pays qui ont une influence, un poids démographique, des capacités culturelles et économiques identiques qui s'unissent et ce n'est pas le cas pour Bahreïn et l'Arabie saoudite", a déclaré M. Mehmanparast.

"Le projet d'union ou d'annexion de Bahreïn à l'Arabie Saoudite (...) signifie la disparition de Bahreïn", a-t-il poursuivi.

L'Iran a haussé le ton mercredi contre un tel projet, appelant les Iraniens à se mobiliser vendredi après la prière collective contre ce que Téhéran considère comme une tentative d'"annexion" par Ryad d'un territoire qui appartenait autrefois à la Perse.

Gouverné depuis 1783 par la dynastie des Al-Khalifa, Bahreïn a été un protectorat britannique de 1871 jusqu'à son indépendance, en 1971, proclamée un an après un référendum au cours duquel les habitants avaient refusé d'être rattachés à l'Iran.

Le chef de la diplomatie de Bahreïn a pour sa part appelé l'Iran à mettre fin à ses "ingérences" dans les affaires internes de son pays et défendu le projet d'union avec les autres monarchies du Golfe.

Les six monarchies du Golfe ont décidé lundi au terme d'un sommet à Ryad de poursuivre l'étude d'un projet d'union, pressenti pour regrouper dans un premier temps l'Arabie saoudite et Bahreïn, et auquel l'opposition chiite bahreïnie, soutenue par l'Iran, est hostile.

L'opposition chiite à Bahreïn a également appelé à des manifestations vendredi contre le projet d'union.

sgh/sw

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