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Soudan: Mbeki à Khartoum pour tenter de relancer les négociations avec Juba

17/05/2012 08:06 EDT | Actualisé 17/07/2012 05:12 EDT

Le médiateur de l'Union africaine (UA) Thabo Mbeki est attendu jeudi soir dans la capitale soudanaise pour tenter de relancer les négociations entre Khartoum et Juba, suspendues après des combats frontaliers, a indiqué un porte-parole du ministère des Affaires étrangères.

Le Soudan et le Soudan du Sud n'ont pas repris leurs pourparlers comme le leur avait demandé le Conseil de sécurité de l'ONU, mais M. Mbeki et d'autres diplomates tentent de les relancer.

"Le président Mbeki arrive ce soir à Khartoum", a déclaré à l'AFP le porte-parole du ministère des Affaires étrangères soudanais, Al-Obeid Meruh.

Au cours de sa visite de deux jours, l'ancien président sud-africain va rencontrer le président soudanais, Omar el-Béchir, et d'autres responsables, a ajouté M. Meruh.

M. Mbeki doit également se rendre à Juba, capitale du Soudan du Sud.

"Il est en train d'encourager les deux côtés à faire des propositions sur les questions clés qui divisent les deux pays", a expliqué mercredi le secrétaire d'Etat adjoint américain chargé des Affaires africaines, Johnnie Carson

"Il n'y a pas eu une reprise totale des discussions entre les deux camps, mais il y a des choses qui sont faites", a assuré le responsable américain qui s'exprimait depuis Washington lors d'une audio-conférence avec des journalistes de plusieurs pays africains.

"Nous voulons que ça aille plus vite, avec des engagements plus forts et plus d'enthousiasme", a-t-il ajouté.

Dans une résolution adoptée le 2 mai, le Conseil de sécurité de l'ONU avait exhorté les deux voisins soudanais à cesser leurs combats à la frontière sous peine de sanctions et à entamer sans conditions des discussions d'ici au 16 mai.

Les tensions sont persistantes entre les deux Soudans depuis l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011, et portent notamment sur le tracé de la frontière commune, les ressources pétrolières ou le statut des zones contestées, comme celle d'Abyei.

Ces tensions avaient dégénéré entre fin mars et début mai en combats entre les deux armées à leur frontière et atteint une ampleur inégalée depuis la sécession du Sud en juillet, laissant craindre un conflit ouvert entre le Nord et le Sud qu'une guerre civile a opposés entre 1983 et 2005, faisant près de 2 millions de morts.

Le porte-parole du gouvernement sud-soudanais, Barnaba Marial Benjamin, a déclaré jeudi à l'AFP que la délégation de Juba était prête pour des pourparlers mais "Mbeki n'a pas encore adressé les invitations ou donné de date" parce que Khartoum hésite.

"Je pense qu'il voulait être sûr que le Soudan venait" avant d'envoyer les invitations, a-t-il ajouté, s'interrogeant sur les raisons pour lesquelles l'UA n'avait pas critiqué Khartoum pour avoir "traîné les pieds".

Il a accusé l'UA de "changer le programme selon les humeurs de Khartoum. Ils doivent être clairs à ce propos, les pourparlers doivent reprendre".

Le ministère soudanais des Affaires étrangères avait auparavant indiqué que M. Mbeki devrait venir à Khartoum dans la semaine pour "discuter des détails des négociations, comme le calendrier et l'ordre du jour".

L'ambassadeur des Etats-Unis à l'ONU, Susan Rice, a dit mercredi qu'"il n'était pas surprenant" que les deux pays ne respectent pas le calendrier fixé par le Conseil de sécurité "au jour près". "Mais l'objectif est qu'ils le fassent dès que possible sans retard supplémentaire".

"L'objectif de la résolution n'était pas de sanctionner (...), l'objectif est que les deux camps cessent les combats et retournent à la table des négociations", a-t-elle expliqué, ajoutant cependant que la communauté internationale s'efforcera "d'exercer une pression maximale" en ce sens.

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