NOUVELLES

Québec compte sur une "pause" pour mettre fin au conflit étudiant

17/05/2012 02:13 EDT | Actualisé 17/07/2012 05:12 EDT

Le gouvernement québécois du libéral Jean Charest (centre droit), qui compte sur une loi spéciale pour forcer au moins une "pause" dans le conflit étudiant, a subi jeudi au parlement un violent tir de barrage de l'opposition pour son refus de reprendre les négociations.

"Je veux que le Premier ministre rencontre les étudiants aujourd'hui", a tonné la dirigeante du Parti Québécois et chef de l'opposition officielle Pauline Marois, bruyamment applaudie par ses partisans.

"Il faut dialoguer, sans passer par une loi spéciale-matraque", a-t-elle poursuivi avec émotion.

Quelques heures plus tard, les leaders étudiants ont lancé un ultime appel à la négociation pour mettre fin à la grève des cours contre la hausse des frais de scolarité, vieille de quatorze semaines.

Les représentants des principaux syndicats d'étudiants se sont unis pour la première fois à des personnalités politiques de l'opposition --dont Pauline Marois, et plusieurs députés-- pour tenir une conférence de presse retransmise en direct à la télévision publique, à quelques heures du dépôt du projet de loi au parlement, prévu dans la soirée.

Ce n'est pas le moment "de s'enfermer dans des dogmes", a lancé Léo Bureau-Blouin, l'un des leaders du mouvement estudiantin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, appelant à "penser aux intérêts de la collectivité".

Les professeurs d'université sont entrés à leur tour de plain pied dans le conflit. La Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université s'est prononcée contre le projet de loi spéciale, qui "ne fera qu'envenimer la situation" selon elle.

Mais le retour à la négociation ne semble pas envisageable pour M. Charest qui affirme avoir perçu un durcissement de la position des étudiants, ce que ces derniers contestent vivement.

Le contenu exact de son projet de loi n'est pas connu. Selon l'usage parlementaire, le gouvernement ne publie pas ce genre de texte avant qu'il ne soit déposé à l'assemblée nationale.

Toutefois ses deux grandes orientations sont claires. Celle sur laquelle M. Charest a le plus insisté consiste à imposer une pause de facto dans le conflit pour l'apaiser: le semestre universitaire en cours doit être suspendu, dans les collèges universitaires et les facultés en grève, jusqu'au mois d'août, puis les cours doivent reprendre à l'automne pour rattraper le temps perdu. Elle est assortie d'une assurance importante pour les étudiants: ils ne perdront pas leur semestre, comme le craignaient certains d'entre eux.

L'autre, laissée dans le vague, prévoit que les étudiants non-grévistes doivent pouvoir assister aux cours sans que des piquets de grève les en empêchent. M. Charest n'a pas précisé par quels moyens le gouvernement compte y parvenir, mais, selon des fuites, les personnes et organisations qui tenteraient de bloquer les entrées des établissements risqueraient de lourdes amendes.

"Le gouvernement assume ses responsabilités, c'est ce qu'attendent les citoyens" a-t-il martelé devant la presse.

Selon le gouvernement, 30% seulement des étudiants boycottent les cours, la grève paralysant 14 collèges universitaires sur 48 et "certaines facultés" de 11 universités sur 18 au total.

La dernière offre du gouvernement --massivement rejetée par les étudiants grévistes-- prévoit une augmentation de 82% des droits de scolarité à l'université de 1.780 dollars sur sept ans, au lieu de cinq ans initialement, pour arriver à près de 4.000 dollars par an, plus près de la moyenne nord-américaine.

M. Charest souligne qu'en contrepartie, les prêts et bourses augmenteront également, ce qui devrait annuler la hausse pour environ un étudiant sur deux.

via-vs/mdm

PLUS:afp