Procès de l'ex-juge Delisle: du sang aurait dû se trouver sur l'arme, selon une spécialiste

RCQC  |  Par Publication: Mis à jour: 17/05/2012 17:46

Au procès de l'ex-juge Jacques Delisle, accusé du meurtre prémédité de sa femme, un expert en balistique est venu dire mercredi que selon lui, Nicole Rainville n'a pu tenir l'arme elle-même et tirer le coup de feu qui lui a laissé une trace de poudre dans la main.

Dans son témoignage, Gilbert Gravel a affirmé avec certitude que la tache noire dans la main gauche de Nicole Rainville provient des résidus de poudre. Pour faire une telle marque, la main gauche se trouvait à l'embouchure du canon, a-t-il précisé.

Dans son rapport, M. Gravel exclut donc l'usage de cette main pour se tirer une balle dans la tempe gauche. Comme Nicole Rainville était paralysée du côté droit, cette affirmation soulève un doute.

L'expert en balistique a fait plusieurs tests. Selon lui, peu importe la position, il est impossible de mettre la main près de l'ouverture du canon et d'appuyer sur la gâchette.

L'avocat de la défense, Me Jacques Larochelle, n'a pas encore eu l'occasion de contre-interroger Gilbert Gravel.


Hypothèse doublement évoquée

Un peu plus tôt mercredi, une spécialiste en projection de sang, Jacynthe Prévost, a elle aussi soulevé l'hypothèse que Nicole Rainville ne tenait pas elle-même l'arme qui a causé sa mort le 12 novembre 2009. C'est après avoir reconstitué la scène qu'elle en est arrivée à cette conclusion.

La spécialiste a expliqué que si la femme de 71 ans avait elle-même tenu le pistolet, du sang aurait dû se trouver sur l'arme. Or, aucune trace de sang n'a été retrouvée sur le pistolet, comme s'il avait été nettoyé.

Le pistolet retrouvé sur les lieux du drame

Me Larochelle a par la suite demandé à Mme Prévost si les taches de sang pouvaient avoir été effacées après que le pistolet ait été déplacé. Mme Prévost lui a répondu que c'était possible. Rappelons que Jacques Delisle avait déclaré aux policiers qu'il avait enlevé le chargeur du pistolet pour des raisons de sécurité.

Il a aussi été question de la survie de Mme Rainville après le coup de feu. La spécialiste a expliqué que la femme de 71 ans a peut-être survécu pendant quelques minutes, mais inconsciente.

L'avocat de la défense a souligné qu'à ce moment, Mme Rainville pourrait avoir eu un réflexe de toux, ce qui lui aurait fait recracher du sang. C'est ce qui expliquerait les taches de sang sur le divan, a-t-il conclu. La spécialiste a rétorqué qu'elle n'était qu'en partie d'accord, car pour en arriver à une telle conclusion, il aurait fallu qu'il y ait des traces de bulles dans le sang.


Analyse mise en doute

L'avocat de l'accusé, Me Jacques Larochelle, a mis en doute la qualité de l'analyse de Jacynthe Prévost. Il s'est intéressé au fait que son analyse du dossier a été faite à partir de photos, sans jamais se rendre dans l'appartement du couple.

La spécialiste a admis qu'une expertise élaborée à partir de photographies est moins précise.

L'avocat s'est aussi étonné qu'on ait attendu en 2012 avant de lui confier le mandat d'étudier la scène, alors que la victime, Nicole Rainville, est morte en novembre 2009 et que Jacques Delisle a été accusé de meurtre sept mois plus tard, en juin 2010.

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Publié par Catherine Levesque  |