Loi spéciale: les députés sont convoqués à une séance extraordinaire

CP  |  Par Publication: Mis à jour: 18/05/2012 08:07

QUÉBEC - Le gouvernement Charest fait «une déclaration de guerre au mouvement étudiant»: son projet de loi 78, déposé jeudi soir en séance extraordinaire, assomme la contestation à coups de fortes amendes et en restreignant de façon inédite le droit de manifester.

Le projet de loi est perçu comme une véritable «dérive autoritaire» par le mouvement étudiant, qui l'a condamné. Et sa portée est prévue jusqu'à juillet 2013, ce qui pourrait s'avérer commode dans la prochaine année pour éviter les manifs en pleine campagne électorale.

Le projet de loi fait l'objet d'une procédure accélérée. Les débats en Chambre étaient vifs en fin de soirée jeudi et devaient se poursuivre toute la nuit, pour ne se conclure vraisemblablement qu'en fin de journée vendredi

La pièce législative vise les associations étudiantes, leurs représentants, les salariés des cégeps et universités et leurs syndicats. Plus personne ne pourra «entraver le droit d'un étudiant de recevoir l'enseignement dispensé par l'établissement d'enseignement qu'il fréquente».

Les amendes vont de 7000 $ à 35 000 $ s'il s'agit d'un dirigeant, d'un employé, d'un représentant. Pour les associations, les fédérations, les syndicats ou autres organismes, elles s'élèvent de 25 000 $ à 125 000 $. Et qui plus est, s'il y a récidive, les montants doublent.

Les manifestations sont aussi strictement balisées par des règles. Au moins huit heures avant sa tenue, les organisateurs devront aviser les autorités de la date, de l'heure, de la durée, de l'itinéraire et des moyens de transport utilisés. Le corps de police pourra exiger des changements de lieu ou d'itinéraire, «aux fins de maintenir la paix, l'ordre et la sécurité publique».

Qui plus est, une association étudiante et sa fédération seront tenues responsables s'il y a préjudice à un tiers en cas d'entrave au droit de recevoir l'enseignement, à moins qu'elle ne démontre qu'elle n'est pas responsable.

«Le gouvernement se sert d'une crise qu'il lui-même provoquée pour ni plus ni moins transformer tout mouvement social (...) en crime et un État qui a une tradition d'ouverture en un État policier», a déclaré le président de la FECQ, Léo Bureau-Blouin, dans un point de presse à l'Assemblée nationale.

C'est une limitation «excessive» au droit de manifester, une limitation «déraisonnable», a-t-il ajouté, en affirmant que la loi vise à «tuer les associations étudiantes».

Elle est bien pire que la hausse des droits, a-t-il dit, et il sera impossible de négocier dans ces conditions.

«C'est pire que ce à quoi on s'attendait.»

Son homologue de la FEUQ, Martine Desjardins, a abondé dans le même sens en assurant que son organisation allait contester la loi. Elle estime qu'il s'agit d'un «aveu de déresponsabilisation du gouvernement».

Ce projet de loi brime la liberté d'expression et d'association, selon elle. «On vient de dire aux jeunes que tout ce qu'ils ont fait, tout ce qu'ils ont créé en 14 semaines, sera désormais criminel. (...) Le gouvernement fait vraiment une déclaration de guerre au mouvement étudiant.»

Le porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a avoué qu'il manquait carrément de mots pour exprimer sa colère et son indignation.

«Il va falloir trouver un moyen pour que ça cesse parce que le Québec est en train de sombrer dans une dérive autoritaire extrêmement inquiétante, et pas seulement pour les étudiants, mais pour l'ensemble de la population», a-t-il lâché en conférence de presse.

Certains articles du projet de loi ouvrent la porte aux délits d'opinion, en plus de retirer le droit de manifester, a-t-il soutenu. De surcroît, le gouvernement «se sert de l'état d'urgence» pour empêcher la contestation de la loi devant les tribunaux dans les délais, étant donné qu'elle ne s'étend pas au-delà de juillet 2013. Les seuls gestes que ce gouvernement semble capable de poser radicalise le mouvement, selon lui, mais rien n'arrêtera la contestation.

«On va trouver les moyens (de contester), c'est certainement pas par les matraques et le projet de loi qu'on va étouffer notre parole.»

Il a ajouté que son organisation croit toujours à la désobéissance civile et que toutes les options sont sur la table.

Les réactions politiques ne se sont pas fait attendre. La chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, ne mâchait pas ses mots contre le projet de loi, affirmant qu'il est une attaque frontale contre les associations étudiantes, contre la liberté d'expression et contre la liberté de manifester.

Elle a demandé au gouvernement de retirer ce projet de loi, soutenant que le premier ministre n'avait plus l'autorité morale et même la légitimité pour l'adopter. Elle a même accusé M. Charest d'être un «provocateur».

«C'est ignoble! Je ne peux pas imaginer que le gouvernement va l'adopter», a-t-elle dit.

Mme Marois a notamment soutenu que le projet de loi confondait les attributs et les rôles du pouvoir judiciaire et pouvoir législatif. Elle a déploré que l'application du projet de loi repose sur les épaules des directeurs d'établissement et des professeurs.

Du côté de la Coalition avenir Québec (CAQ), François Legault a dit que son parti s'opposera à la suspension des règles de l'Assemblée nationale pour l'adoption de la loi spéciale. Il a aussi exprimé des inquiétudes sur certains éléments du projet, notamment le fait qu'il laisse beaucoup de flexibilité aux cégeps pour fixer la durée de la reprise de la session.

Il a aussi déploré que le gouvernement n'ait pas osé à inclure des articles interdisant les masques et les cagoules au cours des manifestations.

La députée indépendante de Crémazie, Lisette Lapointe, se dit «très inquiète de la réaction des gens».

Par ailleurs, le projet de loi prévoit que la session d'hiver 2012 et, dans les universités, celles de l'été 2012 sont suspendues pour les cours ayant été interrompus au cours de ces sessions.

La reprise des cours doit avoir lieu au plus tard le 17 août, sauf dans les cégeps de Maisonneuve et d'Ahuntsic, où elle aura lieu respectivement au plus tard le 22 août et le 30 août. Les établissements pourront toutefois faire des ententes avec les syndicats pour convenir d'autres dates.

Les établissements et leurs dirigeants seront tenus de prendre les moyens pour dispenser les cours. Les salariés seront aussi tenus de se présenter à compter de l'adoption de la loi pour faire leur travail.

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QUÉBEC - Le gouvernement Charest fait «une déclaration de guerre au mouvement étudiant»: son projet de loi 78, déposé jeudi soir en séance extraordinaire, assomme la contestation à coups de f...
Publié par Jean-Philippe Cipriani  | 
 
 
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01:45 sur 19/05/2012
CETTE LOI NE TOUCHE PLUS SEULEMENT LES ÉTUDIANTS...

Ce sont toutes les mères, tous les pères, tous les adultes mais aussi les enfants du Québec qui seront touché par cette loi qui a été formulé par un DICTATEUR. Le régime du gouvernement Charest s'est mis en oeuvre et vous verrez tout ce dont nous avons bâti pour un Québec libre et solidaire, ce détérioré d'heure en heure, de jour en jour...
20:40 sur 17/05/2012
Oh et en passant, seulement une minorité de 40% des québécois sont pour une hausse des frais de scolarité. (sondage La Presse d'aujourd'hui)
09:09 sur 18/05/2012
La vérité ne vient pas des sondages. Ça n'a rien de scientifique. De plus ils sont souvent utiliser pour berner la population par des groupe comme iris dont la mission est de diffuser le contre-discours alors les moyens pour y arriver sont biaiser.
19:44 sur 17/05/2012
Je suis un travailleur et un contribuable. J'appuie cette lute que ma génération n'a pas terminée. Malheureusement pour nous, ils sont en train de bâtir leurs avenir et celle de leurs enfants sans nous. Ils ont compris qu'on les a laisser tomber.
Ils sont déterminés et ils vont gagner!
09:18 sur 18/05/2012
Vous ne voyez que le spectacle. Vous ne voyez pas qui la organisé et dans quel but. Les étudiants qui ont vétoé POUR le boycoot représentent moins de 10% de la population étudiante post-secondaire. Même l'accès sera meilleure après qu'avant la décision responsable de changer la façon de fincnacer nos services publique parce quon arrive pas avec les revenus quon a a soutenir les services que els québécois veuelent et que le laxisme ne fait que nous endetter davantage, meme si la décision est dfficile a faire passer a cause de la coalition opposée a la tarification et la privatisation des services publiques (syndicats qui comme dans tout les états socialistes font de l'ingerance et pousse a la faillite les gouvernements comme ils le font avec les entreprises). Sils veuelent décider quils assument. Quils en crer des entreprises avec leurs cotisations et les assument les déficits que ça créer inévitablement des conditions exagérées au lieu de se contenter de salire équitable. 7semaines de vacances plus 3 semaines de congées parentaux pour les cpe ce nest quun exemple. Quand vous passez devant des chantiers routiers que font-ils ils travaillent ou ils jasent? Pourquoi ça coute plus cher ici quaillurus. La collusion entre syndicats et mafieux. Les politieicens passent mais les syndicats restent ce sont eux les garants des systemems mafieux.
19:23 sur 17/05/2012
Le Conseil de sécurité de l'ONU condamne la violence au Québec

Réuni en urgence jeudi pour discuter du Québec, le Conseil de sécurité des Nations unies a condamné la répression des manifestants par le régime Libéral et réclamé « la fin immédiate » des violences.

Les 15 pays membres « condamnent la violence et l'usage de la force contre des civils, déplorent la répression contre des manifestants pacifiques et expriment leur profond regret à propos des blessés parmis les civils », a déclaré l'ambassadrice du Brésil et présidente en exercice du Conseil de sécurité.

« Ils demandent la fin immédiate de la violence et des mesures pour prendre en compte les demandes légitimes de la population », a-t-elle ajouté. Le Conseil a en outre demandé que les responsables d'attaques menées contre des civils répondent de leurs actes.
18:50 sur 17/05/2012
Mme Marois devrait bien réfléchir à ce que Le PQ a fait. Alors que les députés du PQ, ont constamment fait tout ce qu'ils pouvaient pour jeter de l'huile sur le feu, qu'ils les ont aussi non seulement encouragé, en portant leur carrés rouges, et accompagné en allant manifester avec eux, ils les ont aussi, eux et leurs syndicats, financé. Et c'est Marois qui vient blâmer le gouvernement pour toute cette crise? Elle a du front tout le tour de la tête. Elle nous a parfaitement démontré, que même si elle est prète à tout faire, sans même avoir à y penser deux foix, pour prendre le pouvoir, elle se gardera bien de reconnaitre que sans elle et les syndicats, la grève étudiante n'aurait jamais dérapé de cette façon et n'aurait jamais atteint cette intensité si elle ne les avait pas continuellement encouragé à la poursuivre. Et même aujourd'hui, elle nous donne encore la preuve qu'elle n'est pas prète à voir la paix revenir au Québec. Elle continue à encourager activement les étudiants à continuer. Je crois qu'elle ne peut pas supporter que notre gouvernement puisse aujourd'hui réussir, ce qu'elle n'a jamais pû faire elle-même.
17:55 sur 17/05/2012
Dommages collatéraux
En déterrant la hache de guerre sur le placement syndical avec la loi 33, la Ministre du travail Lise Thériault a multiplié les insultes et les accusations contre les chefs syndicaux et leur fiers à bras, se donnant des airs de Jeanne d'Arc.
Le conflit étudiant a été l'occasion rêvée pour les syndicats de mettre les libéraux dans l'embarras, ce qui explique les contributions financières au mouvement étudiant tant décriées par les populistes de la droite.
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
maxmtl
Carpe Diem
16:59 sur 17/05/2012
Ce gouvernement est à l'agonie...
16:47 sur 17/05/2012
Line Beauchand a démissionné. parce qu'elle disait ne pas faire partie de la solution.
Michelle Courchesne peut maintenant se vanter de faire partie du problème.
16:01 sur 17/05/2012
2-Les meme qui après que vous les leurs vaez fournis vous demandent de reculer et après ça ils exigeront que vous remettiez votre démission. Noubliez pas quils ont réussi a avoir la tete de la ministre et ils veuelent la votre et celle de votre parti. POurquoi pour une gang darrivistes qui veuelent revenir en arriere sur le placement syndical et sur le plan nord. Faites votre loi spéciale et condamner la désobéissance civile. Pour maintenir la paix sociale il faut imposer des peine plus sévère. Évidement ces peines ne vont toucher que ceux qui contreviennent aux lois. Alors pourquoi sen plaindre? Quelles sont leurs intentions? Continuez la lutte contre les opportunistes qui veuelent singérer dans les décisions du gouvernement. Faites plutot un référendum sur la question. Cest la meilleure facon de régler la qesution et de courcircuiter les efforts des syndicats et des péquisses qui veuelent vous arracher le poubvoir. Faites donc une loi pour des élections a date fixes. `la fin du mandat ça va montrer les limites aux arrivistes qui font du désordre et de la discorde. Vous voulez la paix? Faites votre loi, faite un référendum et voter une loi pour des élections a date fixes. Vous l'aurez la paix. Les lois seront respectées, les syndicats vont rentrer dans leur trou et Marois va donner sa démission. Mme Beauchamp vaut bien ça.
16:00 sur 17/05/2012
1-Il était temps. Monsieur Charest il faut vous tenir debout devant les syndicats, péquisses et séparatisses qui ont créé cette crise pour vous forcer a faire des élections. Ils n'hésitent pas a faire des menaces, de la casse et recourir a la violence. Il faut montrer les limites et dire cest assez. La loi spéciale pour cndamner durement ceux qui veuelent agir en criminels et gardé les canaux de discussion avec les étudiants. Il faut continuer et ne pas vous laisser dissuader. Pourquoi ils sont tous soirti pour vous implorer parce que ce sont les syndicats qui seront neutralisé et cest nécessaire de le faire pour sortir de cette crise. Vous les voyez tous les memes cest artisans de la grogne qui depuis des semaines font des pieds et des mains pour vous discréditer. Ne vous laissez pas dissuader. Fairtes la loi spéciale et ne laissez pas les syndicats vous empecher dagir car ce snt les meme qui hier demandaient un moratoire.
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Opus Fideo
Atheist. Social Democrat. Canadian.
15:40 sur 17/05/2012
Moi si j'aurais un commerce au centre ville je mettrais du plywood sur les vitrines a.p.c. si ce projet de loi passe ca va brasser pas mal (malheureusement)
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SUPER UTILISATEUR DU HUFFPOST
Reflexion01
Reflexion 101
15:26 sur 17/05/2012
Très mauvaise gestion de crise...un D -, pour notre premier Ministre.
Cependant Loi spéciale ou pas, les Étudiants ont outrepassé toutes les limites admissibles, il est temps de siffler la fin de la récréation.
Les travailleurs et les contribuables, les handicapés et les malades ont besoin de tranquillité et de pouvoir librement circuler à leurs heures.

La liberté des uns s'arrête immédiatement là ou commence celle des autres...c'est la base de la Démocratie.
Les Députés qui encouragent le non respect des lois font leur dernier mandat probalement car la population prise en otage pour des fins partisane s'en souviendra aux prochaines élections.
Cet utilisateur a choisi de ne pas participer au système des médailles.
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Pierre Deruelle
pierre m de ruelle
17:37 sur 17/05/2012
Sage commentaire merci, cela change des injures gratuites de part et d'autres