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Les pêcheurs propriétaires réclament le maintien de deux principes

17/05/2012 12:11 EDT | Actualisé 17/07/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Les pêcheurs indépendants de l'Atlantique réitèrent leur opposition à la démarche du gouvernement fédéral qui veut réformer les règles de leur industrie.

Des représentants des pêcheurs propriétaires et d'une communauté qui vit de la pêche étaient de nouveau sur la colline parlementaire, jeudi, pour rappeler leur attachement à deux principes qui mettent leurs permis à l'abri de la convoitise des grandes entreprises.

Ces principes du «propriétaire exploitant» et de la «séparation des flottilles» réservent aux propriétaires des plus petits bateaux les permis de capture de la ressource.

Ottawa a mené une consultation par Internet sur l'avenir de l'industrie, consultation à laquelle les pêcheurs trouvent beaucoup de lacunes. Ce processus, qui s'est terminé à la fin du mois de mars, invitait les gens à se prononcer de manière anonyme.

«Si (...) une entreprise de pêche qui est située quelque part au Canada (...) veut influencer l'analyse des données, (elle) pourrait dire à ses 100 employés ou 200: (...) veuillez répondre de telle ou telle façon», a fait remarquer Jean-Pierre Couillard, directeur de l'Association des capitaines-propriétaires de la Gaspésie.

M. Couillard s'est présenté à un point de presse à Ottawa aux côtés de deux députés néo-démocrates et du maire des Îles-de-la-Madeleine, Joël Arseneau.

«Ce qu'on demande, à la fin du processus qui a été mis en ligne, c'est que le ministre Ashfield (Keith, ministre fédéral des Pêches et Océans) nous rassure sur ses intentions», a plaidé le maire Arseneau.

«S'il est question de moderniser les pêches en permettant l'intégration verticale de l'industrie et une propriété étrangère à nos communautés, en fait, ce n'est pas une modernisation mais l'utilisation d'un modèle qu'on a déjà connu, un modèle ancien de domination des grandes sociétés sur des communautés de pêcheurs. (...) Et c'est un modèle qui ne nous a jamais servis», a-t-il fait valoir.

Le député néo-démocrate de Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine, Philip Toone, a dit vouloir mobiliser les gens et pas seulement ceux des communautés de pêcheurs. «On ne veut pas attendre à l'automne. On ne peut pas attendre que la décision soit déjà prise. On est là pour mettre des pressions aujourd'hui», a dit le député.

En mars, une tentative d'un député libéral d'étudier en comité parlementaire l'avenir des deux principes que le ministre Ashfield veut modifier a été rejetée par les députés conservateurs qui contrôlent le comité.

Les bateaux des pêcheurs-propriétaires en Atlantique débarquent plus de 75 pour cent de la valeur totale de la pêche au Canada atlantique, grâce principalement au contrôle qu'ils exercent sur les prises de homard et de crabe ainsi qu'à la part majoritaire qu'ils détiennent sur la crevette.

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