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Les marchés sous tension, inquiets de la Grèce et l'Espagne (SYNTHESE MARCHES)

17/05/2012 07:51 EDT | Actualisé 17/07/2012 05:12 EDT

Les marchés financiers sont restés sous tension jeudi, en raison des craintes sur une sortie de la zone euro de la Grèce et sur les risques de contagion à d'autres maillons faibles comme l'Espagne, qui a vu ses taux d'emprunt grimper.

"La peur continue de dominer les marchés. Alors que les problèmes de la Grèce restent au coeur des inquiétudes", les investisseurs ont aussi suivi de très près une émission de dette en Espagne, notait l'analyste Anita Paluch du cabinet Gekko.

En l'absence de nombreux investisseurs en raison d'un jour férié dans plusieurs pays européens, les Bourses poursuivaient leur mouvement de baisse: Paris a perdu en clôture 1,20%, Londres 1,24%, Francfort 1,18%, Madrid 1,11% et Milan 1,46%.

Inquiète de la situation en Europe, la Bourse de New York a également nettement reculé, le Dow Jones cédant 1,24%.

Les dernières élections en Grèce ont vu la montée en puissance des partis anti-austérité, et leur possible accession au pouvoir après le prochain scrutin prévu le 17 juin pourrait remettre en cause le maintien du pays au sein de la zone euro, d'où l'inquiétude des investisseurs.

Le rejet des engagements de la Grèce vis-à-vis de ses créanciers, UE et FMI, serait "désastreux", a averti le Premier ministre sortant Lucas Papademos.

Le FMI a d'ailleurs annoncé qu'il suspendait ses contacts avec la Grèce jusqu'aux élections législatives, et ne travaillerait pas avec le nouveau gouvernement provisoire, nommé jeudi à Athènes pour expédier les affaires courantes.

Plombé par la crise grecque, l'euro poursuivait son recul. La monnaie unique valait vers 21HOO GMT 1,2693 dollar contre 1,2715 dollar mercredi.

"La Grèce reste au centre des préoccupations des investisseurs", a commenté le courtier IG Market, ajoutant que "les nombreuses rumeurs qui envahissent les marchés entretiennent un climat d'extrême tension".

Les titres bancaires étaient particulièrement malmenés. A Paris, Crédit Agricole est tombé à son plus bas historique en clôture, à 3,0 euros, et à Madrid, Bankia a perdu 14,08%. Des informations selon lesquelles les établissements grecs ne peuvent plus se refinancer auprès de la BCE et qu'ils font face à des retraits d'argent accrus plombaient le secteur.

"On est dans un cercle vicieux. Plus les banques grecques inquiètent, plus la population est incitée à retirer ses capitaux, ce qui aggrave encore le phénomène de sous-capitalisation de certains établissements", a commenté Philippe Waechter, directeur de la recherche économique chez Natixis AM.

Un phénomène similaire a été observé en Espagne, où les clients de Bankia, banque en difficulté qui vient d'être nationalisée, auraient déjà retiré plus d'un milliard d'euros ces derniers jours, selon le journal El Mundo, une information démentie depuis par le gouvernement.

Dans ce contexte, les marchés étaient très fébriles.

Une émission de dette espagnole très attendue par les investisseurs a permis à Madrid d'emprunter 2,494 milliards d'euros à 3 à 4 ans, dans le haut de la fourchette visée, mais à des taux d'intérêt en forte hausse.

Le pays suscite à nouveau, depuis quelques semaines, l'inquiétude des investisseurs, qui doutent de sa capacité à réduire son déficit public alors qu'il doit venir en aide à ses régions et à son secteur bancaire, tous deux fragilisés depuis l'éclatement de la bulle immobilière en 2008.

Les chiffres définitifs du PIB publiés jeudi ont confirmé l'entrée de l'Espagne en récession, avec un recul de 0,3% au premier trimestre par rapport au dernier trimestre 2011, où il avait déjà baissé de 0,3%.

Signe de ces préoccupations, la prime de risque espagnole (surcoût que doit payer l'Espagne pour emprunter à dix ans, par rapport à l'Allemagne, considérée comme référence) restait à un niveau très élevé, à 490 points de base.

Le ministre portugais de l'Economie, Alvaro Santos Pereira, a averti que seule l'application stricte du programme de réformes et de rigueur, mis en oeuvre en échange d'une aide internationale, permettrait au Portugal, également en difficulté, d'éviter une contagion de la crise grecque.

La situation de la zone euro devait figurer aussi au centre d'une vidéo-conférence entre les dirigeants français, allemand, italien et britannique et ceux de l'Union européenne programmée dans l'après-midi, à la veille du sommet du G8 prévu à Camp David, aux Etats-Unis.

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