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Le régime syrien tente de "détruire" la ville rebelle de Rastane (ONG)

17/05/2012 03:31 EDT | Actualisé 16/07/2012 05:12 EDT

La ville rebelle de Rastane, dans le centre de la Syrie, a été violemment bombardée jeudi à l'aube par l'armée qui veut la "détruire graduellement", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

La ville, située dans la province de Homs a été bombardée dans la nuit "avec trois obus par minute", a affirmé à l'AFP Rami Abdel Rahmane, président de l'ONG basée en Grande-Bretagne.

M. Abdel Rahmane a appelé les observateurs de l'ONU déployés dans le pays pour surveiller la trêve violée chaque jour à se "diriger immédiatement vers la ville de Rastane que le régime cherche à détruire graduellement".

"Ils veulent que les gens ne ferment pas l'oeil de la nuit, ils veulent détruire complètement leur moral", a-il indiqué.

Encerclée par l'armée, Rastane abrite, selon des militants, un grand nombre de hauts gradés rebelles qui la défendent farouchement.

Cette ville échappe depuis plusieurs mois au contrôle des troupes gouvernementales qui ont tenté à plusieurs reprises, en vain, de la reprendre. Le 14 mai, 23 soldats ont été tués lors d'une tentative d'assaut.

Ailleurs dans le pays, les troupes gouvernementales ont pris d'assaut la ville de Deraa (sud) et s'est déployée dans plusieurs quartiers pour tenter "de mettre fin à la grève générale" en cours. Des tirs nourris ont été entendus, selon l'OSDH.

Et dans la province de Damas, à Erbine, les forces régulières ont mené une campagne d'arrestations et de perquisitions. Dans la localité de Kanker, trois civils ont été arrêtés.

Selon l'OSDH, plus de 25.000 prisonniers sont toujours incarcérés par le régime et plus de 100.000 personnes ont été arrêtées depuis le début de la révolte en mars 2011.

Dans la ville de Qouteifa, des heurts ont eu lieu dans la nuit après la désertion de soldats d'un poste militaire.

Alors que la révolte entre dans son 15e mois, les violences ne montrent aucun signe de répit malgré la présence de plus de 200 observateurs de l'ONU chargés de surveiller un cessez-le-feu proclamé il y a plus d'un mois mais violé tous les jours. Mercredi, au moins 44 personnes, en majorité des civils, ont été tuées à travers le pays.

ram/sw

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