NOUVELLES

Le penseur palestinien Salameh Kaileh raconte ses tortures en Syrie

17/05/2012 12:35 EDT | Actualisé 17/07/2012 05:12 EDT

Le penseur palestinien Salameh Kaileh, expulsé cette semaine de Syrie vers la Jordanie, a raconté jeudi à l'AFP avoir été torturé pendant ses trois semaines en détention dans les prisons du régime du président Bachar al-Assad.

"Les services secrets syriens ont opéré une descente chez moi et m'ont arrêté le 23 avril. Et j'ai soudainement été expulsé en Jordanie lundi, après trois semaines de détention et de tortures", a-t-il déclaré à l'AFP à Amman.

"Il n'ont pas expliqué les raisons (de mon arrestation, NDLR), mais je sais que c'était parce que j'ai écrit des articles sur la révolte et pris position contre le régime" de M. Assad, confronté depuis mars 2011 par une révolte qu'il tente d'écraser dans le sang.

L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) avait accusé dès mardi les forces de sécurité syriennes d'avoir torturé M. Kaileh, diffusant plusieurs photographies montrant de larges contusions sur ses bras et ses jambes ainsi que des traces de brûlures.

Le militant âgé de 57 ans, détenteur d'un passeport jordanien, a dit avoir été hospitalisé à Amman pour des hématomes et contusions.

"J'étais battu avec force chaque jour. Je me suis évanoui plusieurs fois mais cela ne les a pas empêchés de me battre tant et plus. On m'a empêché d'aller aux toilettes", a-t-il raconté.

"Les interrogateurs ne cessaient de demander, de façon insultante, des informations sur des brochures publiées sous le nom d'Al Yasri ("le gauchiste" en arabe, NDLR). Je leur ai dit que je n'avais rien à voir avec cela car j'écris pour des journaux", a-t-il ajouté.

Salameh Kaileh est né à Bir Zeit en Cisjordanie, mais vivait depuis plus de 30 ans en Syrie, où il a été détenu pendant plus de huit ans dans les années 1990. Il a publié plus de 20 ouvrages sur le marxisme ou le nationalisme arabe.

Plusieurs organisations de défense des droits de l'Homme ont dénoncé la "torture systématique" dans les prisons syriennes, où selon l'OSDH plus de 25.000 personnes sont actuellement détenues dans le cadre de la répression de la révolte.

msh-akh/al/cnp/fc

PLUS:afp