DIVERTISSEMENT

Le groupe Plaster lance son nouvel album (PHOTOS)

17/05/2012 11:06 EDT | Actualisé 17/05/2012 11:06 EDT
Jean-François Cyr

MONTRÉAL - « Be My Woman », premier morceau blues-rock-électro du second album Let It All Out donne le ton au récent travail du trio montréalais Plaster qu’on attendait depuis longtemps : quelques notes de clavier présentent un univers mélodique rapidement brassé par des basses rythmées et des échantillonnages de voix masculines caverneuses, graves, rageuses enregistrées en 1947 aux States. La batterie, lourde et nerveuse accompagne une palette bien vivante de sons numérisés. Voilà une savante mixture moderne, musclée et dansante. Rencontre avec les gars, l’œuvre et le spectacle-lancement, qui a eu lieu mercredi soir au cabaret La Tulipe, à Montréal.

Ayant cumulé - ensemble ou séparément - les expériences musicales au fil du temps (Beast, Catherine Major, Yann Perreau, Ariane Moffatt, The Dears, Afrodizz, voire un coït interrompu avec Lauryn Hill) le claviériste Alex McMahon, le bassiste François Plante et le batteur Jean-Phi Gonclaves, livrent un Let It All Out tout désigné autant pour le titre que pour la démarche: l’expérimentation jazz a laissé place à l’énergie plus brute du rock.

Sept années se sont écoulées depuis First Aid Kit (novembre 2005), mais la formation n’a rien perdue de sa belle synergie. Plaster farfouille encore les mondes électro, parfois de bien belle façon, mais cette fois les musiciens avaient envie de flirter avec un nouveau son.

« Il y a définitivement une rage sur ce disque qui n’était pas présente sur le précédent », raconte François Plante. « Probablement que nous avons été inconsciemment influencés par de nouveaux courants musicaux qui sont plus rock en ce moment. Il y a une dizaine d’années, on écoutait Amon Tobin, Kid Koala, Cinematic Orchestra, High Tone. Ce récent travail est aussi probablement une façon de réagir à l’ambiance sociale morose des dernières années. »

« Ça vient plus du ventre et moins de la tête, ça c’est clair », d’ajouter Alex McMahon en entrevue une journée avant le concert.

« On s’est aperçu qu’on a laissé les ambiances et la forme pour le contenu. Le It All Out a plus de couilles », de poursuivre Jean-Phi.

Autrement

Chose certaine, on expérimente toujours autant chez Plaster, c’est la méthode qui change. Comme l’explique Alex McMahon, le concept traditionnel de la chanson a pris le dessus sur le travail d’échantillonnage.

« En jouant les refrains apparaissaient naturellement, les mélodies aussi. Ce qui fait que cet album a une facture bien plus directe, organique (les trois complices rient spontanément de l’utilisation du mot organique !) et prenante. Un rendu bien moins intellectuel, disons, que le premier enregistrement plus jazz. On gosse toujours l’électronique, car on aime ça, mais c’est plus nuancé. On voulait aussi sentir l’élément live sur cet album, qu’on désirait plus adapté pour la scène », affirme le claviériste et multi-instrumentiste.

Bien plus que le rock

En chœur, les gars avouent que l’apport des chanteurs (D-Shade, Méli Mae, Valerie Jodoin-Keaton) - et même du groupe de « Punkettes » formé par Ariane Moffatt, Lisa Cowbella, Audrey-Frannie Simard de Galaxie puis Frannie et Fab de Random Recipe - ajoutent également (au-delà de la touche sensuelle et accrocheuse) à la signature pop de l’œuvre, qui nous fait aussi vagabonder sur les territoires du hip hop (Shoot for the Moon), du dance (Dancing Lemons) et de la hip pop quasi américaine (Nobody’s Heart Belongs to Me).

On en conviendra aisément, Let It All Out à une charge émotive incomparable à celle présente sur First Aid Kit. Et pourtant, les trois gars ne donnaient pas leur place à l’époque. En spectacle, l’album atteint une autre dimension : plus intense que sur le disque, le son est plein, voire saturé, c’est dans ta face, énergique, dansant, puissant, captivant. Efficaces, les musiciens se donnent à fond. Des pros qui donnent l’impression de s’amuser. D’autant plus que les collaborateurs, punkettes et autres voix, ont vraiment créé une ambiance de party. Du rock électro comme on veut l’entendre.

Bon, la mise en scène demande à être peaufiné ; les temps morts entre les pièces ont parfois fait décrocher et les ajustements répétés des instruments ont quelque peu ralenti le momentum. Sans tous leurs amis du lancement, Plaster devra par ailleurs réfléchir à une présence féminine qui viendra ajouter de la sensualité et briser le léger manque de mobilité des musiciens sur scène.

Beau trip à trois !

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Entrevue avec Plaster