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Le gouvernement provisoire grec investi jusqu'aux élections du 17 juin

17/05/2012 02:21 EDT | Actualisé 17/07/2012 05:12 EDT

ATHÈNES, Grèce - Le gouvernement intérimaire grec a été investi dans ses fonctions jeudi, tandis que les 300 députés élus le 6 mai, dont les 21 députés d'extrême droite, ont prêté serment pour une séance d'une seule journée. Le Parlement doit être dissous vendredi dans la perspective des nouvelles élections législatives fixées au 17 juin.

Encore marginal il y a quelques années, le parti Aube dorée, qui rejette l'étiquette de parti néo-nazi et se dit nationaliste et patriotique, a franchi pour la première fois le seuil lui permettant d'entrer au Parlement, avec près de sept pour cent des suffrages. Ses députés, 20 hommes et une femme, ont refusé de se lever quand deux élus musulmans ont prêté serment sur le Coran au lieu de la Bible.

Le parti d'extrême droite a bénéficié de la colère des Grecs, de plus en plus nombreux à contester les plans d'austérité qui leur ont été imposés depuis deux ans en contrepartie de l'aide internationale qui permet à la Grèce d'éviter la faillite. L'économie est à genoux, le pays traverse sa cinquième année consécutive de récession et le chômage frappe plus de 21 pour cent de la population active, alors que d'autres coupes budgétaires sont encore censées être appliquées.

Dans ce contexte, les élections du 6 mai ont été marquées par le succès des partis opposés à l'austérité. La Coalition de la gauche radicale (Syriza) est arrivée en deuxième position, derrière les conservateurs de Nouvelle Démocratie (ND) et devant les socialistes du PASOK, les deux formations traditionnellement majoritaires en Grèce. La Gauche démocratique s'est classée quatrième avec 19 députés.

Après l'échec de neuf jours de négociations entre les principaux partis pour tenter de former une coalition gouvernementale — l'Aube dorée n'a jamais été consultée —, un gouvernement de technocrates composé de 16 membres a été désigné mercredi, sous la direction du président du Conseil d'État, Panagiotis Pikramenos. Le nouveau premier ministre et son équipe sont uniquement chargés d'expédier les affaires courantes jusqu'aux élections.

La Grèce était dirigée depuis novembre par un gouvernement d'union nationale ND-PASOK, après la démission du cabinet socialiste à la suite de nombreuses manifestations dont certaines ont tourné à l'émeute.

Les sondages sur les prochaines élections suggèrent une victoire de la Coalition de la gauche radicale, mais le parti n'obtiendra probablement pas la majorité nécessaire pour lui permettre de gouverner seul.

L'impasse politique et la perspective d'une victoire des partis qui ne se sentent pas liés par les engagements des gouvernements précédents envers les créanciers de la Grèce compromettent la poursuite de l'aide internationale et le maintien du pays dans la zone euro.

La situation pèse aussi sur les marchés, car une sortie de la Grèce de l'euro aurait des répercussions sur les 17 pays qui partagent cette monnaie. Les bourses européennes ont de nouveau fini dans le rouge jeudi et l'euro a perdu 0,1 pour cent à 1,2707 dollar, se rapprochant de son niveau le plus bas de l'année, enregistré en janvier. L'agence Fitch a quant à elle dégradé la note souveraine de la Grèce d'un cran, de B- à CCC, la note la plus basse pour un pays qui n'est pas en faillite, en invoquant un «risque accru» que le pays renonce à son maintien dans la zone euro.

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