Le FMI suspend ses contacts avec la Grèce jusqu'aux élections

Publication: Mis à jour:

Nouveau coup dur pour la Grèce qui n'a pas réussi à se trouver un gouvernement. Le Fonds monétaire international (FMI) a indiqué jeudi 17 mai qu'il suspendait ses contacts avec la Grèce jusqu'aux élections législatives et qu'il ne travaillerait pas avec le nouveau gouvernement nommé de manière transitoire pour expédier les affaires courantes.

"Nous attendons avec intérêt de prendre contact avec le (futur) gouvernement une fois qu'il aura été formé", a affirmé à la presse un porte-parole de l'institution, David Hawley. À un journaliste qui lui rappelait qu'un gouvernement avait pris ses fonctions à Athènes le jour même, ce porte-parole a précisé que le FMI comptait discuter avec le gouvernement formé "après les élections" du 17 juin.

"L'essentiel est que notre mission (à Athènes) aura lieu après les élections. Je n'ai pas de date spécifique", a poursuivi David Hawley. Le gouvernement technique formé jeudi en Grèce, composé en majorité d'universitaires ou de hauts fonctionnaires, a pour principale mission de préparer les élections. Il ne devrait pas avoir de parlement à sa disposition, puisque celui sorti des urnes le 6 mai doit être dissous vendredi, pour permettre le délai de vacance d'un mois prévu par la constitution avant chaque élection législative.

Le FMI a accordé en mars à la Grèce un nouveau prêt de 28 milliards d'euros, succédant à celui de 30 milliards d'euros de mai 2010, dont deux tiers avaient été versés. Le versement d'une deuxième tranche de ce prêt, d'un montant de 1,6 milliard d'euros, était initialement prévu fin mai. Mais comme il nécessite la formation d'un gouvernement ayant une majorité au parlement, il devrait intervenir en juin au plus tôt.

Le système bancaire actuellement très faible

L'inquiétude a également gagné les épargnants, dont les retraits d'argent dans les banques grecques ont atteint 700 millions d'euros en début de semaine. Le gouverneur de la Banque de Grèce a qualifié la situation de "très difficile" et "que le système bancaire était actuellement très faible". "Il y a une grande inquiétude qui pourrait se transformer en panique", a informé Georges Provopoulos, cité par le président de la République Carolos Papoulias.

En février, l'ancien ministre des Finances, Evangélos Vénizélos, avait chiffré à quelque 16 milliards d'euros les sommes déposées à l'étranger depuis 2009, début de la crise de la dette, dont "32% dans des banques au Royaume-Uni et 10% dans des banques en Suisse".

Sur le web

Le FMI prêt à toutes les options concernant la Grèce

Le Figaro - Flash Eco : Grèce : le FMI espère éviter un retrait

La Grèce se met entre parenthèses pour un mois

Impasse politique et réformes au point mort en Grèce

La Grèce doit s'en tenir aux termes de son plan de sauvetage-Lagarde

Grèce : panique et fuite de capitaux