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La fille du président cubain obtient un visa pour les États-Unis

17/05/2012 07:22 EDT | Actualisé 17/07/2012 05:12 EDT

LA HAVANE, Cuba - La fille du président cubain Raul Castro, Mariela, a obtenu un visa pour les États-Unis afin de participer à des événements sur la diversité sexuelle à San Francisco et à New York au cours des prochaines semaines, a confirmé l'un de ses associés jeudi, ce qui a aussitôt suscité une avalanche de critiques des politiciens cubano-américains.

Mariela Castro, âgée de 50 ans, est une militante des droits des homosexuels et dirige le Centre national cubain pour l'éducation sexuelle. Elle fait campagne depuis plusieurs années pour que Cuba autorise le mariage entre conjoints de même sexe, sans succès jusqu'à maintenant. Elle a récemment salué la prise de position du président américain Barack Obama au sujet du mariage gai et a affirmé que son père, Raul Castro, était lui aussi favorable à une telle mesure, même s'il ne l'a jamais dit publiquement.

Ce ne sera pas la première visite de Mariela Castro aux États-Unis. Elle a déjà obtenu un visa en 2002 pour participer à un événement à Los Angeles sous l'administration du président George W. Bush.

À la fin du mois de mai, elle doit participer à une conférence sur la diversité sexuelle organisée par l'Association des études latino-américaines à San Francisco. Elle se rendra aussi à New York pour une conférence sur les droits des homosexuels.

Des scientifiques, des universitaires et des économistes cubains se rendent souvent aux États-Unis pour des séminaires, tandis que les artistes cubains obtiennent plus facilement des visas grâce au relâchement des restrictions décidé par Barack Obama. Des Américains bien connus, comme l'ancien président Jimmy Carter, se rendent eux aussi à Cuba à l'occasion, grâce à des permissions spéciales.

Bien qu'elle soit la fille du président cubain et la nièce de l'ancien président Fidel Castro, Mariela Castro n'a aucun lien officiel avec le gouvernement communiste cubain, même si son organisation reçoit probablement des fonds gouvernementaux. On ne sait pas si elle est membre du Parti communiste.

Le sénateur cubano-américain Robert Menendez, un démocrate du New Jersey, a condamné la décision du gouvernement américain d'octroyer un visa à Mariela Castro mercredi, avant même que la décision ne soit confirmée. Pour lui, la fille du président cubain est «une véhémente militante du régime cubain et une opposante de la démocratie».

Jeudi, quatre autres élus cubano-américains ont ajouté leur voix à celle de M. Menendez, en soulignant que les règles du département d'État interdisent d'accorder des visas aux membres du gouvernement ou du Parti communiste cubains.

«La décision révoltante de l'administration (Obama) de permettre à des agents du régime (cubain) d'entrer aux États-Unis contredit directement les intentions du Congrès et la politique étrangère de longue date des États-Unis envers Cuba», ont écrit les représentants de la Floride Mario Diaz-Balart, Ileana Ros-Lehtinen et David Rivera, ainsi que le représentant Albio Sires, du New Jersey, dans une lettre adressée à la secrétaire d'État Hillary Clinton.

«C'est une honte que l'administration Obama déroge aux restrictions en place pour apaiser la dictature Castro encore une fois», ajoutent-ils.

Mais d'autres ont estimé que les partisans de la ligne dure envers Cuba voulaient provoquer une tempête dans un verre d'eau.

«C'est une chose très positive qu'ils lui aient accordé un visa», a affirmé Wayne Smith, un ancien haut diplomate américain à Cuba et un opposant déclaré de l'embargo imposé par Washington au pays communiste. «On ne doit pas oublier la source de ces critiques. Ils ne veulent pas le dialogue.»

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