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«De rouille et d'os» de Jacques Audiard raconte une histoire d'amour chaotique

17/05/2012 07:33 EDT | Actualisé 17/07/2012 05:12 EDT

PARIS - Trois ans après «Un prophète», couronné par le Grand prix du jury au Festival de Cannes, Jacques Audiard change totalement de registre en adaptant une nouvelle de l'auteur canadien Craig Davidson. Dans «De rouille et d'os», un mélodrame, il raconte une histoire d'amour entre deux handicapés de la vie, incarnés avec brio par Marion Cotillard et Matthias Schoenaerts.

Le nouveau film de Jacques Audiard, présenté ce jeudi en compétition dans la sélection officielle au Festival de Cannes, sort en même temps sur les écrans français, ce qui permettra aux spectateurs de le découvrir le même jour que les festivaliers, et éviter ainsi la frustration de devoir attendre pendant de longs mois pour se faire leur propre avis.

L'histoire commence dans le Nord. Ali (Matthias Schoenaerts) se retrouve seul avec son fils Sam, cinq ans, qu'il n'a guère eu l'occasion de voir jusqu'à présent. Sans argent, sans domicile, il trouve refuge chez sa soeur et son compagnon qui habitent à Antibes, dans des conditions très modestes. Mais ils ouvrent leur porte à Ali et à son fils, qui s'installent dans le garage de leur pavillon.

Ali trouve du travail comme videur dans une boîte de nuit, et à la suite d'une bagarre, il fait la connaissance de Stéphanie (Marion Cotillard), une jeune femme qu'il protège de son agresseur. Il la ramène chez elle et lui laisse son numéro de téléphone. Stéphanie est dresseuse d'orques au Marineland, à Antibes.

À la suite d'un accident survenu pendant un spectacle, elle perd ses jambes et se retrouve dans un fauteuil roulant. Sa vie s'en trouve totalement bouleversée. Elle va alors retrouver Ali, qui va l'aider, sans jamais la prendre en pitié, à retrouver goût à la vie. Une relation se noue entre eux. Mais entre deux personnages que tout sépare, rien ne sera simple.

Après «Regarde les hommes tomber» (1994), «Un héros très discret» (1996), «Sur mes lèvres» (2001), «De battre mon coeur s'est arrêté» (2005) et «Un prophète» (2009), le fils de Michel Audiard a plus que fait ses preuves. Il est désormais un réalisateur de premier plan qui n'hésite pas à aborder des univers différents dans chacun de ses films.

On y retrouve toutefois une certaine noirceur, mais il sait nous emmener sur des chemins souvent inattendus, avec des acteurs à qui il donne des rôles forts, marquants dans leur carrière. Ce fut le cas notamment dans «Sur mes lèvres» pour Vincent Cassel et Emmanuelle Devos. Le personnage de cette dernière, comme Stéphanie dans «De rouille et d'os», souffrait aussi d'un handicap, puisqu'elle jouait une femme sourde.

C'est le cas cette fois pour Matthias Schoenaerts, un acteur belge qui avait déjà fait sensation l'an dernier en interprétant un éleveur bovin flamand dans «Bullhead». Quant à Marion Cotillard, qu'on ne présente plus depuis l'Oscar qu'elle a obtenu pour son interprétation d'Edith Piaf dans «La môme», elle incarne cette fois avec justesse dans le film de Jacques Audiard une jeune femme meurtrie par la vie qu'on voit progressivement se redresser malgré son handicap (le résultat, sur le plan visuel, est impressionnant à l'écran).

Dans son adaptation d'une nouvelle de l'ouvrage de Craig Davidson, «Un goût de rouille et d'os», le cinéaste n'oublie pas les seconds rôles. On notera ainsi l'interprétation convaincante de Bouli Lanners, mais aussi d'Armand Verdure, Corinne Masiero, Jean-Michel Correia et Céline Sallette.

«De rouille et d'os» n'a certes pas l'originalité d'«Un prophète», mais il est aussi plus lumineux, avec notamment quelques très belles scènes filmées avec des orques. Il est aussi riche en rebondissements, jusqu'à la fin du film, assez surprenante.

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