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Bissau: "il n'y aura pas de poursuites" promet le nouveau Premier ministre

17/05/2012 11:07 EDT | Actualisé 17/07/2012 05:12 EDT

Le nouveau Premier ministre de transition de Guinée-Bissau, Rui Duarte Barros, a promis jeudi qu'il "n'y aura pas de poursuite" judiciaire contre ceux qui ont été renversés par le coup d'Etat du 12 avril ni contre leurs partisans.

"Nous allons garantir la sécurité pour tous et il n'y y aura aucune poursuite, car ce pays nous appartient à tous", a déclaré M. Barros lors de son investiture à Bissau au lendemain de sa nomination par le président de transition, Manuel Serifo Mhamadjo.

Ce dernier, présent à l'investiture aux côtés du chef d'état-major et auteur du coup d'Etat, le général Antonio Indjaï, a demandé à son Premier ministre de "créer un espace de dialogue et de concertation dans tous les secteurs" et de "faire en sorte qu'il y ait une bonne administration de la justice".

"Je recommande un audit indépendant à propos de la gestion du pays et de la tenue de la dernière présidentielle", a-t-il ajouté.

Le coup d'Etat, qui a eu lieu entre les deux tours de la présidentielle, a interrompu le processus électoral. L'ex-Premier ministre Carlos Gomes Junior était arrivé largement en tête du premier tour du 18 mars devant le principal opposant Kumba Yala et M. Mhamadjo.

Mais MM. Yala et Mhamadjo ainsi que trois autres candidats avaient dénoncé des fraudes et refusé d'aller au second tour qui était prévu le 29 avril.

M. Carlos Gomes Junior et le président par intérim, Raimundo Pereira, avaient été arrêtés le jour du coup d'Etat, incarcérés deux semaines avant d'être remis en liberté. Ils sont depuis réfugiés à l'étranger.

Lors d'une conférence de presse mercredi à Lisbonne, MM. Gomes Junior et Pereira, membres de l'ex-parti au pouvoir, le Parti pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), ont refusé de reconnaître les nouvelles autorités de transition.

M. Mhamadjo, dissident du PAIGC, est le candidat qui avait été proposé par les putschistes, pour présider la transition d'un an, tandis que M. Barros a été ministre des Finances de Kumba Yala au début des années 2000.

La Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), qui avait condamné le coup d'Etat, a finalement accepté les dirigeants de la transition et exclu tout retour au pouvoir des dirigeants renversés. Elle était représentée à la cérémonie d'investiture de M. Barros.

Quelque 600 soldats de la Cédéao doivent venir à Bissau pour remplacer à la fin du mois ceux de de la Mission angolaise (Missang), contestés.

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