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Baroud d'honneur des étudiants québécois contre la loi spéciale

17/05/2012 06:49 EDT | Actualisé 17/07/2012 05:12 EDT

Les leaders étudiants québécois ont lancé jeudi un ultime appel à la négociation pour tenter d'empêcher le gouvernement libéral de recourir à une loi spéciale afin de briser leur mouvement de grève contre la hausse des frais de scolarité.

Les représentants des principaux syndicats d'étudiants se sont unis pour la première fois depuis le début du conflit à des personnalités politiques de l'opposition au gouvernement de centre droit de Jean Charest --dont la chef du Parti Québécois, Pauline Marois, et plusieurs députés-- pour tenir une conférence de presse retransmise en direct à la télévision publique, à quelques heures du dépôt du projet de loi au parlement.

Ce n'est pas le moment "de s'enfermer dans des dogmes", a lancé Léo Bureau-Blouin, l'un des leaders du mouvement estudiantin, président de la Fédération étudiante collégiale du Québec, appelant à "penser aux intérêts de la collectivité, à ce pour quoi aussi les parlementaires ont été élus".

"Ils ont été élus pour garantir la paix sociale, garantir le compromis. Aujourd'hui, je le répète, nous sommes ouverts à des compromis et à discuter. (...) Nous, les étudiants, nous sommes à Québec et au Parlement aussi longtemps qu'il le faudra" a martelé le représentant syndical.

Les professeurs d'université entrent, à leur tour, de plain pied dans le conflit. La Fédération québécoise des professeures et professeurs d'université s'est prononcée jeudi contre le projet de loi spéciale, qui "ne fera qu'envenimer la situation" selon elle.

Mais le retour à la négociation ne semble pas envisageable pour M. Charest qui affirme avoir perçu un durcissement de la position des étudiants, ce que ces derniers contestent vivement. Jeudi après-midi, la position du gouvernement semblait immuable sur le recours à une loi spéciale: l'Assemblée nationale du Québec a été convoquée à 20H00 jeudi (00H00 GMT).

Le gouvernement libéral étant majoritaire, la loi a de bonnes chances d'être adoptée rapidement, après un débat réglementaire.

Le texte, dont le contenu n'a pas été publié, propose notamment, selon les déclarations de Jean Charest, de suspendre le semestre universitaire en cours, dans les collèges universitaires et les facultés en grève, jusqu'au mois d'août. Une "pause" destinée à apaiser les esprits, sans annulation du semestre. Il prévoit par ailleurs de fortes amendes à ceux qui monteraient des piquets de grève pour empêcher l'accès aux universités aux non-grévistes.

De nouvelles manifestations sont prévues ce soir dans le centre-ville de Montréal, comme chaque soir depuis la mi-février, date du début du mouvement.

Le conflit estudiantin, qui porte sur la volonté du gouvernement d'augmenter les frais de scolarité de 82% en 7 ans, dure depuis 14 semaines. C'est le plus long conflit de ce genre au Canada.

vs/mdm

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