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Algérie: le parti présidentiel plus fort que jamais

17/05/2012 11:58 EDT | Actualisé 17/07/2012 05:12 EDT

Le parti du Front de libération nationale (FLN) domine plus que jamais la vie politique algérienne et a fêté jeudi en grande pompe jeudi sa victoire écrasante aux législatives du 10 mai, certes favorisée par un nouveau code électoral.

Fort de son succès, qui a donné à son parti a raflé 221 sièges sur 462, presque la majorité absolue, le secrétaire général du FLN, Abdelaziz Belkhadem, a ironisé sur les islamistes qui avaient prédit leur triomphe au scrutin tout comme à des degrés divers dans les pays du Printemps arabe, Tunisie, Egypte et Maroc.

"C'était une erreur politique grave de baser ses espoirs sur ce qui s'est passé dans les pays voisins", a estimé M. Belkhadem, un vieux routier de la politique à la tête du FLN depuis 2005.

"Le printemps arabe n'a de printemps que le nom", a-t-il même lâché lors d'une rencontre dans un hôtel de la banlieue chic de Zeralda, à 30 km à l'ouest d'Alger.

"Il aurait été plus judicieux pour les chefs de ces partis (islamistes) et ceux qui les ont soutenus financièrement et médiatiquement de bien réfléchir avant de prédire leur victoire écrasante et leur prise de pouvoir", a déclaré M. Belkhadem

Les islamistes, notamment ceux de l'Alliance de l'Algérie verte, avaient prédit leur victoire et annoncé qu'ils préparaient leur gouvernement avant même les résultats.

Par la suite, ils ont contesté les résultats, le radical Abdallah Djaballah, président-fondateur d'une des sept formations islamistes, Parti de la Justice et de la Démocratie (PJD), accusant carrément le pouvoir d'avoir "truqué" les élections en faveur des partis "de l'administration".

Il faisait référence au FLN et à son allié du Rassemblement national démocratique (RND) du Premier ministre Ahmed Ouyahia, arrivé en deuxième position avec 70 sièges.

Ensemble les islamistes n'ont obtenu que 58 sièges, selon les résultats définitifs annoncés mardi soir par le Conseil Constitutionnel, des résultats que ceux-ci notamment ont annoncé vouloir contester devant la loi.

Selon le journal El-Watan, neuf partis sur 26 élus et 19 indépendants ont rejeté les résultats et entendent préparer des actions communes.

Plus de soixante recours ont déjà été déposés par divers partis auprès du Conseil constitutionnel, a rapporté jeudi l'agence APS.

Les contestataires ont jusqu'à jeudi minuit pour le faire.

Démentant toute fraude, M. Belkhadem a demandé aux perdants de "reconnaître leur défaite et prendre leur responsabilité" en démissionnant.

La victoire du FLN et du RND a certes été facilitée par la nouvelle loi électorale.

Interrogé mardi par le quotidien francophone Liberté, le ministre de l'Intérieur Daho Ould Kablia a reconnu que ce nouveau code défavorisait les petits partis: "l'élimination d'un grand nombre de listes (plus d'une cinquantaine avec les indépendants) en raison du pourcentage éliminatoire de 5% a produit un report de voix restantes au plus fort, ce qui a également favorisé le FLN".

Le précédent code ne comportait pas de pourcentage limite pour être représenté à l'Assemblée nationale.

Le quotidien Le Soir relevait que les frondeurs du FLN qui s'étaient présentés en "indépendants" avaient obtenu sept sièges. S'ils devaient revenir dans le giron du FLN, où M. Belkhadem est plus en position de force que jamais, le parti atteindrait 232 sièges, soit la majorité absolue.

La nouvelle assemblée nationale, forte de six groupes parlementaires, se réunira dimanche, exactement dix jours après la tenue du scrutin.

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