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Un militant bahreïni nie l'accusation d'insultes aux autorités

16/05/2012 06:01 EDT | Actualisé 16/07/2012 05:12 EDT

Le militant bahreïni des droits de l'Homme Nabil Rajab a nié mercredi l'accusation d'insultes aux autorités, à l'ouverture de son procès en présence de plus de 50 avocats de la défense, selon des témoins.

"L'accusation est vindicative, car elle concerne mes activités en matière de droits de l'Homme", a lancé M. Rajab devant le président du tribunal pénal de Manama, ajoutant que son arrestation avait des motivations politiques.

"Je n'ai fait qu'exercer mon droit à la liberté d'expression. Je n'ai pas commis un crime. La décision de m'arrêter et de me juger est une décision politique", a-t-il poursuivi.

Plus de 50 avocats étaient présents au tribunal pour la défense de M. Rajab, qui préside le Bahrain Centre for Human Rights.

La prochaine audience a été fixée au 20 mai et le juge a décidé de maintenir M. Rajab en détention.

Selon l'un des avocats, Me Mohamed al-Jishi, le militant est accusé d'"insultes à un corps constitué", en l'occurence le ministère de l'Intérieur auquel il a reproché dans quatre tweets l'absence de poursuites contre des civils, auteurs d'attaques armées contre des manifestants.

"Le juge a refusé une demande de libération de M. Rajab", a ajouté à l'AFP Me Jishi, indiquant que son client serait maintenu en détention dans cette affaire.

Dans un communiqué mardi, Human Rights Watch (HRW) a appelé les autorités bahreïnies à abandonner les poursuites contre M. Rajab et à le libérer.

"Les accusations contre Nabil Rajab ne sont qu'une tentative de faire taire l'un des plus éminents critiques du gouvernement bahreïni", écrit Joe Stork, responsable de HRW pour le Moyen-Orient. "Les autorités doivent abandonner immédiatement ces accusations et le libérer".

M. Rajab et son association défendent la contestation animée par les chiites, majoritaires dans la population, contre la dynastie sunnite au pouvoir. Il avait déjà été arrêté au début de la contestation en mars 2011, qui a été relancée un an plus tard en l'absence de réformes politiques.

Le militant tient à manifester dans le centre de Manama, contrairement au principal mouvement de l'opposition chiite qui limite ses manifestations aux villages chiites après la répression l'an dernier de la contestation.

M. Rajab a été arrêté le 5 mai sous l'accusation d'insultes proférées contre les autorités sur son compte Twitter, et le parquet a prolongé samedi sa garde à vue pour une semaine pour sa participation en janvier à une manifestation hostile au régime.

Il est déjà en procès pour une troisième affaire de participation, il y a trois mois, à une autre manifestation. Une nouvelle audience a été fixée au 22 mai dans cette affaire.

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