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Un lien est établi entre les explosions et une maladie dégénérative du cerveau

16/05/2012 04:11 EDT | Actualisé 16/07/2012 05:12 EDT

Des chercheurs ont établi un lien entre une maladie dégénérative du cerveau qui s'est développée chez certains soldats et les explosions d'engins improvisés auxquelles ils ont été exposés lors de la mission en Afghanistan.

Selon des scientifiques américains et britanniques, des échantillons de tissu cervical prélevés chez certains soldats américains déployés en Afghanistan montraient des signes d'encéphalopathie traumatique chronique.

Cette maladie dégénérative a été identifiée chez une dizaine de joueurs de football professionnel qui sont décédés après avoir subi des commotions cérébrales à répétition. Dans certains cas, ils ont été victimes de pertes de mémoire, de l'irritabilité, de la démence et des pensées suicidaires.

Des milliers de membres des Forces armées canadiennes et de troupes internationales ayant servi en Afghanistan ont été exposés aux déflagrations d'engins explosifs improvisés. Ces bombes ont tué ou blessé des dizaines de soldats canadiens.

Patric Stanton, un biologiste cellulaire de New York qui fait partie de l'équipe d'auteurs de la recherche, a affirmé que trois des quatre soldats chez qui la maladie dégénérative a été détectée ont perdu la vie à la suite de l'explosion d'un d'engin explosif improvisé.

Il a ajouté que tous avaient affiché des symptômes de la maladie et qu'une seule exposition à ces engins explosifs suffit à en développer.

«Il s'agit de la première véritable démonstration que les cerveaux des soldats sont absolument semblables à ceux d'athlètes ayant souffert de plusieurs commotions cérébrales», a-t-il déclaré mercredi lors de la publication des résultats dans le magazine scientifique Science Translational Medecine.

«C'est très inquiétant.»

Les chercheurs disent avoir découvert que le souffle de l'explosion peut atteindre la vitesse de 530 km/h et faire hocher très rapidement la tête d'une personne exposée, forçant le cerveau à être compressé plusieurs fois alors qu'il circule dans un fluide.

L'équipe de recherche a reproduit l'effet chez des souris et a découvert des signes de la maladie deux semaines seulement après les avoir exposées à une seule déflagration.

Des milliers de soldats canadiens et provenant d'autres pays ont été exposés au souffle d'engins explosifs artisanaux, les bombes qui ont tué et blessé des dizaines de membres des Forces canadiennes au cours de la mission de 10 ans en Afghanistan.

On estime, cependant, que seul un peu plus de cinq pour cent des soldats déployés en Afghanistan de 2009 à 2011 ont vécu un faible traumatisme cérébral.

Le colonel Rakesh Jetly, un psychiatre haut placé au sein des Forces canadiennes, dit avoir lu le rapport de l'Université de Boston et attendre des détails supplémentaires sur l'étude. Il a ajouté que l'armée canadienne avait créé un groupe spécial chargé de la gestion des traumatismes et des blessures cérébrales dans l'armée.

Un rapport datant de novembre 2009 révèle que 6,4 pour cent des membres des Forces canadiennes déployés en Afghanistan avaient souffert de traumatismes cérébraux.

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