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Un homme relance les Canadiens à propos de la santé de la démocratie canadienne

16/05/2012 07:58 EDT | Actualisé 16/07/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Deux ans après s'être présenté lors d'audiences publiques pour décrier l'érosion de la démocratie parlementaire au Canada, le professeur de droit de l'Université d'Ottawa Errol Mendes était de retour sur la colline parlementaire, mercredi, cette fois lors d'une séance organisée par les néo-démocrates pour discuter de l'important projet de loi budgétaire du gouvernement Harper.

Lors de son passage au micro, M. Mendes a dit s'être présenté pour exprimer, de façon non partisane, son inquiétude quant à l'état de la démocratie canadienne sous le gouvernement actuel. Quant à susciter la même réaction chez l'ensemble des Canadiens, il y a cependant encore du travail à accomplir.

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) espère que ses audiences aideront les Canadiens à prendre conscience du contenu du projet de loi budgétaire et à s'y opposer. Le projet de loi massif comporte une série de mesures non budgétaires incluant des réformes de l'immigration de la Sécurité de la vieillesse, de l'assurance-emploi, des évaluations environnementales et des lois encadrant la pêche.

Le NPD, comme d'autres partis de l'opposition, maintient qu'il s'agit d'un projet de loi «cheval de Troie» visant à faire adopter une série de mesures controversées sans en informer véritablement le public et sans une évaluation parlementaire.

L'expérience libérale porte toutefois à croire qu'il n'est pas évident de pousser les Canadiens à réfléchir sur l'état de leur démocratie. L'érosion de la démocratie parlementaire était d'ailleurs l'un des thèmes préférés de l'ancien chef libéral Michael Ignatieff.

Les libéraux ont même fait tomber le gouvernement minoritaire de Stephen Harper, le printemps dernier, sur une motion d'outrage au Parlement. M. Ignatieff a exhorté les Canadiens à «se lever» contre ce qu'il a décrit comme le «manque de respect constant» de M. Harper envers le Parlement.

Au final, cependant, les libéraux ont été réduits à un tiers parti et Stephen Harper a obtenu sa majorité désirée depuis longtemps.

Lors d'une entrevue, M. Mendes a dit croire que le public avait besoin de temps pour vraiment savoir ce qui se passe.

«Mais, ultimement, les dangers menaçant la démocratie canadienne deviendront éventuellement évidentes et les gens se diront "Oui, nous tenons aux emplois et à l'économie, mais n'avons-nous pas combattu dans deux guerres pour quelque chose d'autre?"»

Selon le professeur de droit, le manque de respect envers le Parlement s'est accru sous la majorité conservatrice, Stephen Harper dirigeant essentiellement «le gouvernement d'un seul homme».

La réunion de mercredi organisée par le NPD a attiré environ 100 personnes, principalement des députés néo-démocrates et leurs assistants.

Matthew Carroll, directeur de campagne pour Leadnow.ca, indique cependant que 20 000 Canadiens ont signé une pétition en ligne s'opposant au projet de loi budgétaire, lancée par le groupe de défense des droits il y a une semaine seulement.

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