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Sierra Leone: Charles Taylor exprime sa compassion mais ne s'excuse pas

16/05/2012 07:50 EDT | Actualisé 16/07/2012 05:12 EDT

LEIDSCHENDAM, Pays-Bas - L'ancien président libérien Charles Taylor, reconnu coupable de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre en Sierra Leone, a fait part de sa compassion envers les victimes mercredi au Tribunal spécial pour la Sierra Leone, sans toutefois présenter des excuses ni exprimer de remords. Le procureur général a réclamé 80 ans de prison. La peine sera prononcée le 30 mai.

«J'exprime ma tristesse et ma compassion pour les crimes qu'ont endurés les personnes et les familles en Sierra Leone» lors de la guerre civile de 1991-2002, a dit Charles Taylor lors de l'audience de détermination de la peine au tribunal siégeant à Leidschendam, dans la banlieue de La Haye, aux Pays-Bas. «Ce que j'ai fait, (...) je l'ai fait avec honneur. J'étais convaincu qu'à moins qu'il y ait la paix en Sierra Leone, le Liberia ne pourrait pas avancer», a-t-il ajouté.

Charles Taylor, âgé de 64 ans, a été reconnu coupable le 26 avril de onze accusations de crimes contre l'humanité et de crimes de guerre, notamment de meurtre, de viol et d'enrôlement forcé d'enfants soldats. Inculpé par le Tribunal spécial pour la Sierra Leone en 2003, il est resté en exil au Nigeria pendant trois ans avant d'être extradé en Sierra Leone, puis livré au tribunal à La Haye. Son procès s'est ouvert en 2007.

Son avocat, Courtenay Griffiths, a souligné qu'il avait été reconnu responsable des crimes commis par les rebelles du Front révolutionnaire uni et du Conseil des forces armées révolutionnaires, mais pas de les avoir ordonnés, et demande donc une peine qui laissera à Charles Taylor un espoir de recouvrer la liberté un jour.

La guerre civile en Sierra Leone a fait plus de 50 000 morts. De très nombreux rescapés portent des cicatrices de la guerre, tant sur le plan moral que physique. Les rebelles se sont rendus tristement célèbres en coupant les bras et les mains de leurs victimes.

Charles Taylor est le premier chef d'État inculpé, jugé et condamné par un tribunal international depuis la Seconde Guerre mondiale. Le spécial pour la Sierra Leone est le premier tribunal international hybride, créé dans le cadre d'un accord entre les Nations unies et le gouvernement de Sierra Leone. Il ne peut condamner ni à la peine de mort ni à la prison à perpétuité.

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