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Mali/transition: le président par intérim rejette la concertation proposée par l'ex-junte

16/05/2012 04:24 EDT | Actualisé 16/07/2012 05:12 EDT

Le président malien par intérim Dioncounda Traoré a rejeté mercredi la proposition de l'ex-junte d'organiser une "convention nationale" pour choisir le président de transition, jugeant que ce n'est "pas une solution" pour sortir de la crise.

"C'est une proposition mais je ne pense pas que ce soit une solution, en tout cas ce n'est pas une solution qui est prévue par l'accord-cadre qui a été signé" le 6 avril entre les ex-putschistes et la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao), a-t-il déclaré à l'issue d'un entretien à Abidjan avec le chef de l'Etat ivoirien Alassane Ouattara, président en exercice de la Cédéao.

"Je pense qu'à l'issue des 40 jours d'intérim" prévus par la Constitution, la Cédéao et l'ancienne junte "doivent plancher pour mettre en place les organes de la transition, donc je pense qu'une convention sortirait tout à fait de ce cadre-là", a-t-il ajouté devant la presse.

Arrivé mercredi après-midi de Bamako, M. Traoré doit quitter la Côte d'Ivoire jeudi matin, a-t-on appris auprès de la présidence ivoirienne.

Lundi, le chef de l'ex-junte malienne, le capitaine Amadou Haya Sanogo, avait réclamé l'organisation urgente d'une "convention nationale" pour choisir le président de transition jusqu'à l'élection du prochain chef de l'Etat.

Les partis et organisations de la société civile opposés au coup d'Etat du 22 mars ayant renversé le régime d'Amadou Toumani Touré (ATT), aujourd'hui réfugié au Sénégal, ont annoncé leur refus d'y participer.

En vertu de l'accord-cadre conclu avec la Cédéao, les putschistes ont officiellement remis le pouvoir à Dioncounda Traoré, qui a prêté serment le 12 avril, mais ils restent omniprésents, et le pays est en plein blocage sur la question de la transition.

Alors que le délai constitutionnel de 40 jours d'intérim expire le 22 mai, la Cédéao a fixé la durée de la transition à douze mois, ce que rejettent les putschistes. La Cédéao n'a plus évoqué de délai au cours d'un sommet à Dakar le 3 mai, et des pourparlers n'ont pas permis d'avancée.

En sommet lundi à Abuja, la Cédéao a de nouveau menacé d'imposer des sanctions au Mali, accusant l'ex-junte de "perturber la transition politique" et de "déstabiliser" le pays.

Au Mali, "les militaires doivent se retirer complètement", a déclaré mercredi à Washington le secrétaire d'Etat adjoint américain pour les Affaires africaines, Johnnie Carson.

Le putsch a précipité la chute du nord du Mali aux mains de rebelles touareg et de mouvements islamistes armés, dont Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), coupant le pays en deux.

eak-tmo/sba

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