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Les Québécois doivent être fiers des sables bitumineux, dit un leader du secteur

16/05/2012 02:08 EDT | Actualisé 16/07/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - L'un des principaux acteurs des sables bitumineux a invité mercredi les Québécois à partager la fierté des Albertains pour ce «trésor national».

Dans un discours prononcé devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, le président et chef de la direction de Canadian Oil Sands (TSX:COS), le Franco-Ontarien Marcel Coutu, a fait valoir que le Québec était un «partenaire clé» de l'industrie, que ce soit dans les domaines du financement, de l'ingénierie ou de la technologie.

Il a rappelé que plusieurs entreprises québécoises, dont le géant du génie-conseil SNC-Lavalin (TSX:SNC), le constructeur d'autocars Prévost et la firme Gradek Energy, spécialisée dans les technologies vertes, profitent du développement des sables bitumineux.

M. Coutu a reconnu que la production de pétrole à partir des sables bitumineux émet en moyenne six pour cent plus de carbone qu'au moyen des techniques conventionnelles. Il a cependant noté que plusieurs producteurs conventionnels étaient plus polluants que les meilleurs exploitants de sables bitumineux.

«Chaque année, les sables bitumineux deviennent plus propres et plus verts puisque nous développons de nouvelles pratiques et apprenons de nos expériences sur le terrain et de la recherche effectuée en continu», a-t-il affirmé.

Les valeurs québécoises

Le dirigeant a soutenu que le pétrole des sables bitumineux est «plus éthique» et présente un meilleur «rendement moral» que celui produit dans les pays du Moyen-Orient.

«Les valeurs auxquelles adhère le Québec — l'égalité des hommes et des femmes, des emplois bien rémunérés pour les travailleurs et la responsabilité environnementale — sont toutes des valeurs qui sont exprimées dans les sables bitumineux», a-t-il lancé.

Le Québec devrait donc, selon lui, accroître sa consommation de pétrole albertain. Un projet actuellement à l'étude prévoit l'inversion du pipeline d'Enbridge (TSX:ENB) reliant Sarnia, en Ontario, à Montréal, afin d'acheminer du pétrole des sables bitumineux vers les raffineries québécoises.

«Au lieu de transporter du pétrole étranger vers l'ouest, (le pipeline) apporterait du pétrole canadien dans l'est, a expliqué Marcel Coutu. Cela rendrait les raffineries (québécoises) indépendantes du pétrole étranger, créerait des emplois au Canada, aurait un impact positif sur le PIB du Canada et resserrerait les liens économiques entre nos provinces.»

Les raffineries de Suncor (TSX:SU) à Montréal-Est et d'Ultramar à Lévis importent environ 330 000 barils de pétrole par jour, principalement d'Algérie.

La visite de Marcel Coutu à Montréal s'inscrivait dans le cadre d'une mission de gens d'affaires albertains au Québec organisée par l'Alberta Enterprise Group.

Plusieurs groupes écologistes, dont l'Association québécoise de lutte contre la pollution atmosphérique, Greenpeace et la Fondation David Suzuki, ont «accueilli» la délégation albertaine en tenant un «Cours Québec 101 sur les énergies propres», mercredi matin.

Canadian Oil Sands est le principal actionnaire de Syncrude Canada, qui exploite le plus important gisement de sables bitumineux au pays.

L'action de l'entreprise a clôturé mercredi à 20,56 $ à la Bourse de Toronto, en baisse de 10 cents.

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