NOUVELLES

Les marchés restent nerveux, inquiets de la situation de la Grèce (SYNTHESE MARCHES)

16/05/2012 04:38 EDT | Actualisé 16/07/2012 05:12 EDT

Les places financières ont reculé mercredi, au lendemain de l'annonce de nouvelles élections au mois de juin en Grèce, qui a ravivé les craintes d'une sortie du pays de la zone euro et une possible contagion de la crise à d'autres pays.

Les Bourses européennes ont clôturé dans le rouge, à l'exception de Paris (+0,31%). Londres a terminé en baisse de 0,60%, Francfort de 0,26%, Milan de 0,21% et Madrid, la plus touchée, de 1,33%.

A la Bourse de New York, l'indice Dow Jones a reculé de 0,26% au terme d'une séance en dents de scie, les investisseurs s'inquiétant pour l'avenir de la zone euro avec le risque d'une sortie de la Grèce.

Les places financières avaient été quelque peu réconfortées en milieu d'après-midi par des chiffres plus encourageants que prévu sur le marché de l'immobilier aux Etats-Unis et par le net rebond de la production industrielle outre-Atlantique en avril.

Dans ce contexte, l'euro tentait de se redresser face au dollar. Après une brève incursion sous 1,27 dollar pour la première fois en quatre mois, il s'établissait à 1,2710 dollar à 20H15 GMT (22H15 à Paris) mais restait affaibli par la situation politique en Grèce et la crainte d'une contagion de la crise au reste de la zone euro.

A Athènes, les chefs de cinq des sept partis élus lors du scrutin du 6 mai ayant échoué mardi à s'accorder sur une coalition gouvernementale, de nouvelles élections législatives sont prévues le 17 juin, a indiqué mercredi l'Agence de presse grecque, Ana (semi-officielle).

Ce nouveau scrutin risque de renforcer les opposants à la politique d'austérité, déjà sortis vainqueurs des élections de mai, rendant de plus en plus incertain le maintien du pays dans la zone euro.

Le ministre allemand des Affaires étrangères Guido Westerwelle a jugé mercredi que l'élection serait "un vote sur l'avenir de la Grèce en Europe et avec l'euro", appelant les citoyens du pays à prendre "leurs responsabilités".

Le président de la Banque centrale européenne (BCE) Mario Draghi a pour sa part déclaré mercredi que son institution souhaitait que la Grèce demeure dans la zone euro.

"Notre forte préférence est que la Grèce continue à rester dans la zone euro", a déclaré M. Draghi lors d'un colloque à Francfort (ouest). Mais ce n'est toutefois pas à la BCE d'en décider, a-t-il ajouté.

Le chef du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, était allé dans le même sens quelques heures plus tôt, déclarant qu'une sortie de la Grèce de l'euro "serait une énorme erreur, une mauvaise nouvelle", alors que l'Espagne, chahutée sur les marchés, inquiète les investisseurs.

Lors de leur première rencontre mardi, la chancelière allemande Angela Merkel et le nouveau président français François Hollande se sont dits prêts "à étudier la possibilité de mesures supplémentaires pour la croissance en Grèce", si Athènes le demandait. Ils ont aussi affirmé leur volonté que le pays "reste dans la zone euro".

Après avoir très mal accueilli la tenue de nouvelles élections en Grèce, le marché européen de la dette effaçait en partie ses tensions. En fin d'échanges européens, le rendement de l'obligation allemande à 10 ans, référence du marché, restait quasi-stable à 1,463% contre 1,469% mardi à la clôture. Il était tombé, en début de matinée, à un plus bas historique à 1,434%.

De même, les taux espagnols, après avoir fortement monté dans les premiers échanges, reculaient à 6,246% contre 6,322% la veille.

En fin de matinée, le marché a été quelque peu soulagé par le succès d'une adjudication française à moyen et long terme, qui s'est soldée par une baisse des taux et une forte demande.

bur-cc/ppa/sab/gde

PLUS:afp