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Les Iraniens appelés à protester contre le projet d'union saoudo-bahreïni

16/05/2012 05:54 EDT | Actualisé 16/07/2012 05:12 EDT

Les autorités iraniennes ont appelé mercredi à des manifestations vendredi dans tout le pays contre le projet d'union envisagé entre l'Arabie saoudite et Bahreïn, qualifiant les régimes de ces deux pays de "laquais" des Etats-Unis.

Le Conseil de coordination de la propagande islamique, qui organise les manifestations officielles, a dans un communiqué demandé aux Iraniens de manifester après la prière du vendredi "contre le plan américain d'annexion de Bahreïn par l'Arabie saoudite et pour exprimer leur colère contre les régimes laquais d'Al-Khalifa et d'Al-Saoud".

Les dirigeants des six monarchies du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont décidé lundi à Ryad de poursuivre l'étude d'un projet d'union, pressenti pour regrouper dans un premier temps l'Arabie saoudite et Bahreïn, secoué par des troubles dirigés par l'opposition chiite contre le pouvoir sunnite.

L'idée d'une union du CCG -Arabie saoudite, Bahreïn, Oman, Qatar, Koweït, Emirats arabes unis- est intervenue dans un contexte de crispation des relations avec l'Iran, accusé par ses voisins arabes d'ingérence dans leurs affaires internes.

Téhéran a dénoncé ce projet d'union, avertissant qu'il pourrait aggraver la crise à Bahreïn. Ryad et Manama l'ont sommé de ne pas s'immiscer dans leurs affaires.

L'Iran chiite soutient l'opposition chiite à Bahreïn, hostile elle-même au projet d'union, et a violemment dénoncé l'intervention militaire saoudienne à Bahreïn en mars 2011 pour aider le pouvoir à réprimer les manifestations.

"Ce complot dangereux (d'union) est le résultat du triangle funeste américano-britano-sioniste pour empêcher les révoltes populaires de s'étendre et contrôler la crise à Bahreïn que le régime d'Al-Khalifa est incapable de régler", a ajouté le Conseil iranien dans le communiqué.

"Les dirigeants d'Al-Saoud et d'Al-Khalifa doivent savoir qu'avec ce genre de complot ils ne pourront pas empêcher le mouvement populaire à Bahreïn et le mouvement de réveil islamique dans la région", a-t-il écrit.

La question de Bahreïn est sensible en Iran, où un courant conservateur nationaliste au sein du régime islamique considère toujours cette île, contrôlée par la Perse avant d'être colonisée par la Grande-Bretagne puis d'accéder à l'indépendance en 1971, comme une province iranienne.

"La République islamique, qui préserve l'intégrité territoriale de l'Iran, a le droit de vouloir le retour d'une province séparée de la patrie islamique", n'a pas hésité affirmer mercredi Hossein Shariatmadari, directeur du quotidien ultraconservateur Kayhan nommé par le guide suprême iranien Ali Khamenei.

"Les Bahreïnis se considèrent comme des Iraniens et selon des rapports ils ont le désir d'un retour à l'Iran", a-t-il ajouté.

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