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Le premier ministre palestinien Salam Fayyad remanie son cabinet

16/05/2012 05:38 EDT | Actualisé 16/07/2012 05:12 EDT

RAMALLAH, Territoire palestinien - Le premier ministre palestinien Salam Fayyad a remplacé près de la moitié des membres de son cabinet mercredi, un signe clair que les efforts visant à réunir les deux territoires palestiniens sont dans l'impasse.

Un accord conclu en février devait mettre fin à une division de cinq ans et permettre d'unifier les gouvernements des deux territoires palestiniens, soit le gouvernement de M. Fayyad en Cisjordanie et le gouvernement du Hamas dans la bande de Gaza.

En vertu de cet accord, le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, devait diriger un gouvernement intérimaire d'union nationale jusqu'aux prochaines élections présidentielle et parlementaires. Mais des désaccords persistants entre les deux factions, et au sein même des factions, ont empêché la mise en application de l'accord.

En remaniant le gouvernement au pouvoir en Cisjordanie, Salam Fayyad et Mahmoud Abbas signalent que la division risque de se poursuivre encore pendant un certain temps. Le cabinet de 24 ministres assermenté mercredi compte 11 nouveaux membres.

Selon l'agence de presse palestinienne Wafa, M. Abbas a déclaré au nouveau cabinet que sa priorité devait être d'organiser les élections municipales qui ont déjà été reportées à plusieurs reprises. Ces élections se limiteront probablement à la Cisjordanie, autre signe que l'application de l'accord d'unité ne semble pas près de se réaliser.

Mahmoud Abbas et le Hamas, un groupe islamiste, ont plusieurs différences idéologiques: M. Abbas est favorable à un accord de paix avec Israël, tandis que le Hamas estime que de telles discussions sont une perte de temps. Les tentatives de réunir les deux factions se sont heurtées à de nombreuses difficultés depuis cinq ans, mais la signature d'un accord à Doha, au Qatar, avait semblé ouvrir la voie à une réconciliation pour la première fois depuis 2007.

Selon l'accord de Doha, Mahmoud Abbas doit diriger un gouvernement d'union composé de technocrates indépendants jusqu'aux prochaines élections. Mais depuis la signature de l'accord, le Hamas rejette l'idée de céder le pouvoir à M. Abbas, qui hésite quant à lui à s'engager dans un partenariat avec des islamistes qui pourraient rebuter les donateurs occidentaux.

Salam Fayyad, un économiste largement respecté en Occident, devrait rester premier ministre jusqu'à la formation d'un gouvernement d'union nationale.

Le remaniement ministériel a été critiqué par le Hamas.

«Toute reconfiguration du gouvernement en Cisjordanie — voire n'importe quel remaniement du cabinet — est mauvais. Avec cela, ils contournent l'accord de Doha», a déclaré le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum.

Le gouvernement israélien a condamné l'accord de Doha, en avertissant que tout rapprochement entre Mahmoud Abbas et le Hamas fermerait la porte à de futures négociations de paix.

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