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La banque centrale américaine s'inquiète du budget américain et de l'Europe

16/05/2012 03:41 EDT | Actualisé 16/07/2012 05:12 EDT

Les dirigeants de la banque centrale américaine (Fed) ont dit mercredi s'inquiéter des répercussions possibles sur la croissance américaine d'un retour à marche forcé vers l'équilibre budgétaire aux Etats-Unis, en plus des risques déjà liés à la crise européenne.

"La possibilité que le budget américain fasse l'objet de restrictions plus fortes que prévu et que l'incertitude relative à l'évolution de la politique budgétaire mène à un report des plans d'embauches et d'investissement" sont perçus comme des "risques" pour la croissance américaine, indiquent les minutes de la réunion du Comité de politique monétaire de la Fed (FOMC) des 24 et 25 avril, publiées mercredi.

Le compte-rendu indique juste avant cela que les participants étaient alors d'avis que "les tensions sur les marchés financiers mondiaux, quoique d'une manière générale moins prononcées qu'à l'automne dernier, continuaient de poser un risque considérable".

"Les tensions sur les marchés financiers mondiaux" est une paraphrase par laquelle la Fed désigne depuis quelque temps déjà la crise de la dette européenne et ses conséquences financières.

Si les inquiétudes exprimées par la Réserve fédérale sur l'Europe ne sont pas nouvelles, c'est la première fois que les minutes insistent de la sorte sur ce qu'il est désormais convenu d'appeler aux Etats-Unis la "falaise budgétaire" ("fiscal cliff").

L'image de cette falaise dont on ne pourrait que tomber est utilisée pour rendre compte de la situation qui sera celle des Etats-Unis à la fin de l'année si aucun n'accord n'est entériné d'ici là au Congrès sur la question budgétaire, source de désaccords profonds et persistants entre le camp démocrate du président Barack Obama et l'opposition républicaine, qui dispose d'un pouvoir de blocage.

Dans ce cas, un certain nombre de mesures de relance et de réductions d'impôts expireront alors qu'entreront en vigueur des baisses automatiques des dépenses publiques. Selon les estimations, la baisse totale de la contribution économique de l'Etat qui résulterait de cette contraction pourrait être comprise entre 3 et 5% du PIB américain.

A l'heure où la croissance économique tourne aux alentours de 2,2%, sans véritable perspective d'amélioration nette à court terme, ainsi que la Fed le dit elle-même, cette probabilité a de quoi inquiéter.

mj/sab/mdm

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