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Bahreïn proteste contre des déclarations de l'Iran sur l'union avec l'Arabie

16/05/2012 04:38 EDT | Actualisé 15/07/2012 05:12 EDT

Manama a dénoncé comme une "ingérence" des réactions en Iran à un projet d'union saoudo-bahreïnie, et convoqué le chargé d'affaires iranien à ce sujet, ont rapporté mercredi les médias officiels.

Le chargé d'affaires a été convoqué mardi et s'est vu remettre une lettre protestation au ministère des Affaires étrangères, selon l'agence Bna.

Manama a dénoncé comme "une flagrante ingérence dans ses affaires internes" les déclarations des élus iraniens, citant notamment le président du Parlement Ali Larijani.

Dans un communiqué, le ministère bahreïni des Affaires étrangères a qualifié ces déclarations d'"atteinte à l'indépendance et à la souveraineté" du royaume de Bahreïn, dont les relations sont très tendues avec Téhéran.

Le secrétaire général du Conseil de coopération du Golfe (CCG) a vu quant à lui dans ces déclarations "une position hostile qui cache de mauvaises intentions", dans un communiqué publié à Ryad.

De tels propos "suscitent inquiétude et tension dans la région", a souligné M. Abdellatif al-Zayani, un Bahreïni.

Les dirigeants des six membres du CCG ont décidé lundi au terme d'un sommet à Ryad de poursuivre l'étude d'un projet d'union, pressenti pour regrouper dans un premier temps l'Arabie saoudite et Bahreïn, secoué par des troubles dirigés par l'opposition chiite.

Des dizaines de personnes ont manifesté mardi soir dans des villages chiites proches de Manama contre ce projet d'union, selon des témoins.

"Bahreïn libre, le +Bouclier de la Péninsule+ dehors", ont scandé les manifestants, dans une référence aux forces des pays du Golfe, dont l'Arabie saoudite, déployées à Bahreïn depuis mars 2011 pour prêter main-forte à la dynastie sunnite face au mouvement de révolte de la majorité chiite, accusée d'être soutenue par l'Iran.

Les forces de sécurité ont dispersé les manifestants à coups de tirs de fusil de chasse, faisant plusieurs blessés, selon des témoins.

Mardi, Téhéran a affirmé que ce projet d'union pourrait aggraver la crise à Bahreïn, faisant fi des avertissements de l'Arabie saoudite qui lui avait demandé de ne pas s'immiscer dans ses relations avec Manama.

Lundi, l'agence iranienne Mehr avait déjà rapporté que quelque 190 des 290 députés du Parlement iranien avaient "condamné" le projet d'union.

"Les dirigeants saoudiens et bahreïnis doivent savoir que cela va renforcer l'unité du peuple bahreïni face aux forces d'occupation" saoudiennes, avaient averti les élus iraniens dans une lettre.

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