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Bachar el-Assad accuse des mercenaires étrangers d'être derrière le soulèvement

16/05/2012 01:38 EDT | Actualisé 16/07/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Dans sa première entrevue accordée depuis le mois de décembre, le président syrien Bachar el-Assad affirme que son régime combat des mercenaires étrangers qui veulent le renverser, et non des citoyens syriens qui demandent des réformes démocratiques depuis plus d'un an.

Dans l'entrevue, diffusée mercredi sur la chaîne publique russe Rossiya-24, le président syrien maintient la position qu'il défend depuis plusieurs mois, malgré les condamnations internationales de la répression contre les manifestants pacifiques en Syrie.

«Ce sont des mercenaires étrangers et certains d'entre eux sont toujours vivants», affirme Bachar el-Assad. «Ils sont détenus et nous nous préparons à les montrer au monde.»

Le président syrien s'est de nouveau opposé à toute éventuelle intervention étrangère en Syrie, affirmant que les pays voisins servaient de points de transit pour la contrebande d'armes qui sont expédiées clandestinement en Syrie.

«Si vous semez le chaos en Syrie, vous pourriez vous infecter vous-mêmes», a-t-il affirmé.

Le président syrien n'a pas donné de détails à ce sujet, mais les rebelles et les opposants affirment que les forces syriennes ont miné plusieurs des routes de contrebande qui permettaient d'acheminer des armes en Syrie, en particulier à partir de la Turquie et du Liban.

Bachar el-Assad a hérité du pouvoir de son père en 2000 et continue d'avoir une ferme emprise sur le pays, 14 mois après le début du soulèvement populaire qui s'est transformé en insurrection armée et qui menace la stabilité de la région.

Les Nations unies ont estimé en mars que le soulèvement en Syrie avait fait plus de 9000 morts en un an, et des centaines d'autres personnes ont été tuées depuis.

L'ONU a déployé plus de 200 observateurs en Syrie pour surveiller le respect du cessez-le-feu conclu le 12 avril, mais leur présence n'a pas permis de mettre un terme au bain de sang et certains d'entre eux se sont retrouvés pris dans les violences.

Six observateurs ont dû être évacués mercredi d'une ville du nord du pays contrôlée par l'opposition, au lendemain de l'explosion d'une bombe au passage de leur véhicule. L'explosion n'a pas fait de blessé, mais les observateurs ont dû passer la nuit avec les rebelles, qui leur ont offert un abri. On ne sait pas qui a perpétré l'attaque.

Les tirs ont commencé alors que le convoi des observateurs arrivait dans une zone contrôlée par l'opposition à Khan Sheikhoun, a expliqué Ahmad Fawzi, porte-parole de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan.

«Les observateurs de l'ONU étaient dans leurs véhicules et ont entendu des tirs, mais ils n'ont vu personne se faire tuer et n'ont pas pu déterminer d'où provenaient les tirs», a dit M. Fawzi. «Au même moment, une bombe a explosé près de l'un des véhicules et a endommagé son capot.»

Selon l'un des observateurs, certains civils syriens ont été blessés par l'explosion.

Quand les tirs se sont apaisés, les observateurs ont quitté leurs véhicules et se sont rendus à pied à un endroit désigné par l'Armée syrienne libre, où ils ont passé la nuit, a indiqué le porte-parole.

Selon l'ONU, les observateurs ont été bien traités pendant leur séjour chez les rebelles. Ils ont été évacués vers leur base du centre de la Syrie au cours de la journée de mercredi.

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